Guet-apens homosexuels : jusqu’à 5 ans de prison pour six jeunes hommes
Des peines allant jusqu’à cinq ans de prison, assorties de sursis, ont été prononcées mercredi 22 juillet 2026 à Sarreguemines (Moselle) à l’encontre de six jeunes hommes. Ils étaient poursuivis pour avoir tendu des guet-apens à au moins sept personnes homosexuelles l’an dernier.
Les peines varient de 18 mois, dont 12 avec sursis, à 5 ans de prison, dont 3 avec sursis. Les prévenus, âgés de 20 à 23 ans, étaient accusés d’avoir participé à des extorsions violentes. Placés en détention provisoire le 29 octobre 2025, cinq d’entre eux avaient été libérés et comparaissaient libres lors du jugement. Le seul encore incarcéré, considéré comme le plus violent, a écopé de 5 ans de prison, dont 3 avec sursis.
La justice a établi que les prévenus avaient organisé, entre juillet et octobre 2025, des rendez-vous à Sarreguemines et ses environs via l’application de rencontres Grindr, utilisée par la communauté gay. Lors des rencontres, des complices, cachés, intervenaient pour dérober de l’argent liquide et contraindre les victimes à effectuer des virements bancaires, parfois de plusieurs milliers d’euros. Les prévenus prenaient également des photos des plaques d’immatriculation et des papiers d’identité des victimes, tout en proférant des menaces pour dissuader toute plainte. Les victimes qui tentaient de fuir ou de se défendre étaient souvent violentées, à l’aide de tasers ou de couteaux.
Entre 13 et 20 extorsions auraient été commises, mais seules sept victimes ont été identifiées, dont trois se sont constituées parties civiles. Le représentant du parquet, Aurélien Rubio, a souligné que ces faits auraient pu conduire les prévenus devant la cour d’assises. Il a également noté que les regrets exprimés par les prévenus semblaient être « de façade ». Le caractère homophobe des actes n’a pas été retenu dans les poursuites.
L’une des victimes, un fleuriste de 28 ans, a relaté avoir subi une crise de panique face à ses agresseurs. Une autre victime a déclaré que les homosexuels sont souvent perçus comme des proies faciles, ayant subi des bless graves lors de l’attaque.
Les prévenus ont soutenu que leurs actes découlaient d’une blague initiale, expliquant qu’un des jeunes, inscrit sur Grindr à son insu, avait constaté que de nombreuses personnes étaient prêtes à payer pour des services. Ils ont exprimé des remords, évoquant un « engrenage » dans lequel ils se seraient retrouvés.
(Source : AFP)
