En apesanteur, ces crevettes révèlent l'immense défi de manger dans l'espace et pourraient un jour nourrir les astronautes sur la Lune

En apesanteur, ces crevettes révèlent l’immense défi de manger dans l’espace

Manger dans l’espace pourrait un jour passer par des crevettes élevées loin de la Terre. Des chercheurs japonais ont observé ces crustacés en apesanteur simulée, offrant un éclairage sur les défis des futures bases lunaires.

Ces crevettes montrent comment manger dans l’espace bouleverse un simple repas

La nourriture n’existe pas naturellement dans l’espace, il faut donc l’emporter ou la produire sur place. Une étude publiée dans Microgravity Science and Technology par une équipe de l’université des sciences d’Okayama a filmé des crevettes se nourrissant sans pesanteur. Ces travaux, publiés en juin 2026, visent à déterminer si l’aquaculture pourrait un jour nourrir des astronautes sur la Lune.

Reproduire l’apesanteur sur Terre reste un défi. Les vols paraboliques et les tours de chute n’offrent que quelques secondes d’apesanteur. La station spatiale est coûteuse et manque d’espace pour de nouvelles expériences. L’équipe a conçu un clinostat, une machine qui fait tourner son contenu pour annuler l’effet de la gravité. Réglé à 130 tours par minute, l’appareil empêche les crevettes de se réorienter et les plonge dans une pseudo-apesanteur.

Les scientifiques ont d’abord testé de jeunes crevettes kuruma pendant quinze minutes. La rotation agitait fortement l’eau du récipient. Pour se maintenir, les crevettes s’agrippaient à un filet en plastique et ne mangeaient que les granulés passant juste devant leur bouche. Elles se nourrissaient bien mieux dès que l’eau cessait de bouger.

Un test plus long confirme que les crustacés s’adaptent

Les crevettes sont difficiles à étudier en grand nombre en raison de leur taille. Les chercheurs ont donc mené une seconde expérience sur des Artemia, de minuscules crustacés surnommés « singes de mer ». Ces petites bêtes ont subi quatre jours de rotation continue dans la machine. Pendant ce temps, elles ont mangé des algues, rejeté des déchets et grandi normalement, sans troubles majeurs durant cette période prolongée.

Cette avancée ouvre la voie à des fermes aquatiques sur la Lune

L’analyse génétique a montré un effet plus subtil. Après vingt-quatre heures, les gènes liés à la carapace et aux mouvements des crevettes présentaient des différences nettes, suggérant que l’apesanteur affectait leur biologie, pas seulement leur comportement.

Les auteurs soulignent la prudence quant à la portée de ces résultats, ayant travaillé sur une microgravité simulée. Les caméras n’ont pas permis de suivre des poissons, une piste pour de futures recherches. D’autres programmes explorent déjà l’élevage d’œufs de poisson dans l’eau lunaire.

Nourrir durablement les astronautes nécessite encore beaucoup de travail. Toutefois, cette étude prouve qu’une crevette peut se nourrir sans pesanteur, rapprochant l’idée d’une viande fraîche produite hors de la Terre. Un tel élevage réduirait la masse de vivres à embarquer depuis le sol. Les prochains essais viseront des animaux plus complexes et des séjours plus longs.

Source : Microgravity Science and Technology

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