Guerre en Ukraine : enrôlés par Moscou puis abandonnés, la voie sans issue des soldats africains capturés
Dans une prison de l’ouest de l’Ukraine, des dizaines de prisonniers de guerre russes se rassemblent dans la cour centrale. Les visages sont calmes, presque amusés, tandis que beaucoup avancent avec peine, soutenus par de longues béquilles en métal. Certains portent leur uniforme bleu de prisonnier, d’autres, pour faire face à la chaleur estivale, sont habillés de manière dépareillée. Dans l’une des ailes de l’établissement, certains s’adonnent à des exercices physiques, tandis que d’autres profitent d’un moment de fraîcheur à l’ombre.
Petro Yatsenko, porte-parole du quartier général de coordination pour le traitement des prisonniers de guerre, décrit l’évolution de la population carcérale depuis 2022. « Au début, nous avions surtout des hommes âgés de 50 à 60 ans. Maintenant, nous avons beaucoup de jeunes hommes condamnés pour de petits larcins, envoyés au front en échange d’une remise de peine. Beaucoup arrivent blessés et traumatisés », explique-t-il. Il se souvient d’un jeune homme récemment arrivé, incapable de s’arrêter de pleurer.
Les prisonniers de guerre, issus de diverses nationalités, reflètent le recrutement de ressortissants étrangers par l’armée russe. Cette situation soulève des questions sur le traitement des soldats, particulièrement ceux d’origine africaine, souvent enrôlés sous de fausses promesses et ensuite abandonnés.
La guerre en Ukraine a non seulement des implications géopolitiques, mais également des conséquences humaines tragiques pour ces soldats, qui se retrouvent dans une impasse.
Source : Louis Lemaire-Sicre.
