Gabon et Guinée Équatoriale : Accord signé à Addis-Abeba pour l’application de l’arrêt de la CIJ
Le Gabon et la Guinée équatoriale ont signé, le 28 juillet 2026, un « Accord d’engagement conjoint » visant à mettre en œuvre l’arrêt rendu le 19 mai 2025 par la Cour internationale de justice (CIJ) concernant les îles Mbanié, Cocotiers et Conga. Cet accord ne remet pas en cause la souveraineté déjà reconnue à la Guinée équatoriale par la CIJ, mais établit un cadre pour la démarcation des frontières, les mécanismes de suivi, et la poursuite du dialogue entre les deux nations.
La cérémonie de signature a eu lieu au siège de l’Union africaine, en marge de la 49e session ordinaire du Conseil exécutif de l’organisation. La CIJ avait attribué la souveraineté des trois îles à la Guinée équatoriale, en tant qu’État successeur de l’Espagne, tout en rejetant les arguments du Gabon basés sur la « Convention de Bata » de 1974.
Médiation et dialogues
L’accord a été le fruit d’une médiation sous l’égide de l’Union africaine, qui a débuté suite à l’arrêt de la CIJ. Les présidents Brice Clotaire Oligui Nguema et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo avaient convenu, lors d’une visite d’État à Malabo, de créer un comité conjoint d’experts pour trouver une solution durable. Des réunions bilatérales ont suivi, notamment à Libreville en octobre 2025, permettant d’établir un consensus sur les modalités d’application de l’arrêt.
Le 14 février 2026, une rencontre entre les deux chefs d’État a été facilitée à Addis-Abeba, en présence de représentants de l’Angola, du Burundi et des Nations unies. Albert Shingiro, ancien ministre burundais des Affaires étrangères, a été désigné comme envoyé spécial de l’Union africaine pour accompagner les discussions.
Signification de l’accord
L’accord a été signé par Siméon Oyono Esono Angue, ministre équato-guinéen des Affaires étrangères, et Dieudonné Aba’a Owono, président de la Cour constitutionnelle gabonaise. Les deux parties ont exprimé leur engagement envers la paix et la coopération régionale. Le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a salué cet accord comme un symbole d’unité continentale.
Cet accord ne réexamine pas la question de la souveraineté, mais précise les étapes pour appliquer l’arrêt de la CIJ, notamment la finalisation de la démarcation des frontières terrestres et maritimes. Il prévoit également la mise en place de mécanismes pour suivre l’avancement des travaux et un dialogue technique régulier.
La mise en œuvre de cet accord pourrait renforcer la réconciliation entre les deux pays, souvent désignés comme des « Républiques sœurs » d’Afrique centrale.
Source : Gabonreview.com