Karpowership : pourquoi le Gabon veut sortir du contrat à 1,8 milliard par mois | Gabonreview.com

Karpowership : Le Gabon en quête d’une sortie anticipée du contrat de 1,8 milliard CFA par mois

Le Gabon négocie actuellement une sortie anticipée de son contrat avec le fournisseur turc Karpowership, qui lui coûte 1,8 milliard de francs CFA par mois pour une capacité contractuelle de 150 MW. Cependant, la production réelle ne dépasse plus aujourd’hui 80 à 90 MW, selon une enquête publiée par Jeune Afrique. Cette situation soulève de nombreuses interrogations sur l’efficacité et le coût de ce partenariat, considéré comme l’un des plus coûteux et controversés ces dernières années.

Deux ans après avoir eu recours aux centrales électriques flottantes de Karpowership pour atténuer les délestages dans le Grand Libreville, le gouvernement gabonais souhaite désormais réduire sa dépendance vis-à-vis de cet opérateur. Les négociations en cours visent à ramener l’échéance du contrat initialement prévue pour 2029 à 2027, tout en espérant obtenir une réduction des coûts.

Le contrat, conclu dans un contexte d’urgence, n’a cessé de susciter des controverses. Un haut responsable gabonais a déclaré que le recours à Karpowership n’avait jamais été envisagé comme une solution pérenne. Face à l’urgence énergétique, les autorités ont dû agir rapidement en faisant appel à ces navires producteurs d’électricité. Le passage du fioul lourd au gaz a permis de réduire certains coûts de production.

Le gouvernement gabonais cherche également à renégocier le prix du kilowattheure, avec un suivi rapproché par le président Brice Clotaire Oligui Nguema et le ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, Philippe Tonangoye. Cependant, aucune issue n’est garantie, Karpowership n’ayant pas répondu aux sollicitations au moment de la publication de l’enquête.

Cette renégociation pourrait signaler un changement plus profond dans la politique énergétique gabonaise, visant à remplacer progressivement les solutions d’urgence par des infrastructures nationales durables. Plusieurs projets sont déjà en cours, comme la centrale thermique à gaz d’Owendo (220 MW) et la centrale hydroélectrique de Kinguélé (35 MW), ainsi qu’un futur barrage de 400 MW développé avec EDF et Gabon Power Company.

En parallèle, le gouvernement réorganise le secteur en séparant les activités de l’eau et de l’électricité, qui étaient jusqu’ici réunies au sein de la SEEG. La future Gabonaise des Eaux, soutenue par Suez, s’occupera du secteur hydraulique, tandis qu’Électricité du Gabon se concentrera sur la production, le transport et la distribution d’électricité.

Bien que cette renégociation ne constitue pas une rupture totale avec Karpowership, le Gabon pourrait continuer à faire appel aux centrales flottantes dans les zones à besoins critiques. Ce signal politique indique une volonté de reconstruire la souveraineté énergétique du pays autour d’investissements durables. La réussite de cette stratégie dépendra toutefois de la capacité du Gabon à livrer les infrastructures nécessaires dans les délais annoncés.

Source : Jeune Afrique

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