Faut-il s’attendre à une augmentation des franchises médicales ?
Pour maîtriser le déficit de la Sécurité sociale, le gouvernement a finalement décidé de ne pas doubler le plafond des franchises médicales. Bien que la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, ait reconnu que cette annonce a pu sembler brutale, elle n’exclut pas une augmentation du plafond, ce qui suscite des inquiétudes, notamment parmi les patients atteints d’affections de longue durée.
Actuellement, Suzanne Camus, retraitée souffrant d’arthrose et de divers maux, doit faire face à un reste à charge de 100 euros par an pour ses médicaments, malgré le remboursement de la Sécurité sociale. Elle souligne : « Ça fait un coût. Moi, je suis quand même à la retraite, je ne touche pas des mille et des cents. » À l’heure actuelle, les patients paient jusqu’à 50 euros par an pour les médicaments et jusqu’à 50 euros pour les consultations.
Le gouvernement envisageait d’augmenter ce plafond de 100 euros à 200 euros, avant de faire marche arrière. Suzanne Camus affirme : « Ce serait un soulagement, c’est sûr. J’aurais pas pu. J’aurais laissé tomber les traitements. Qu’est-ce que vous voulez que je fasse ? »
Cette décision a également été accueillie avec soulagement par Sophie Brunet, pharmacienne à Châtenay-Malabry, qui s’inquiétait des conséquences pour les patients les plus vulnérables, notamment les personnes âgées et celles bénéficiant de la Couverture Maladie Universelle (CMU).
Néanmoins, une augmentation des franchises est à prévoir, bien que le montant exact ne soit pas encore déterminé. Selon Nathalie Coutinet, économiste de la santé, cette hausse pourrait correspondre à l’inflation cumulée depuis 20 ans. « On peut imaginer qu’elles augmentent à hauteur de l’inflation. Donc si elles augmentent de 30%, on pourrait passer de 100 à 130, mais pas à un doublement », précise-t-elle. Cette me vise à réaliser des économies, alors que le déficit de la Sécurité sociale a dépassé 21 milliards d’euros en 2025.
Source : Franceinfo



