Franchises médicales : ce qui va changer après les annonces du gouvernement
Le gouvernement a récemment annoncé son intention de doubler le plafond annuel des franchises médicales, passant de 100 à 200 euros par an pour les assurés sociaux. Cette me concerne les boîtes de médicaments et les consultations médicales. Un décret est en cours de finalisation et devrait entrer en vigueur deux mois après sa publication.
Pour freiner la croissance des dépenses de santé, le gouvernement a décidé d’augmenter le plafond annuel des franchises médicales, actuellement fixé à 50 euros pour les médicaments et les consultations. Ce montant, qui n’a pas évolué depuis 20 ans, sera donc porté à 100 euros, pour un total maximum de 200 euros. Ces sommes ne seront pas remboursables par la Sécurité sociale ni par les complémentaires santé, représentant ainsi le montant maximal restant à la charge des patients.
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a justifié cette décision en soulignant la nécessité d’investir dans le système de santé, afin de garantir l’accès aux soins et de maintenir l’efficacité des médicaments. Seules les limites annuelles augmentent, tandis que les franchises unitaires, soit 1 euro par boîte de médicaments et 2 euros par consultation, resteront inchangées, ces dernières ayant déjà doublé en 2024.
Le déficit de la Sécurité sociale, qui s’est creusé depuis 2023, pourrait atteindre 23,2 milliards d’euros, selon des estimations officielles. En 2025, les franchises et participations forfaitaires ont concerné 48 millions de personnes, rapportant 2,5 milliards d’euros. La nouvelle me devrait générer environ 750 millions d’euros en année pleine pour la Sécurité sociale, un chiffre confirmé par Matignon.
L’annonce a suscité des critiques importantes. France Assos Santé a qualifié cette décision d' »erreur monumentale », arguant qu’elle pénaliserait les personnes vulnérables et polypathologiques, la qualifiant de « véritable impôt sur la maladie ». Une étude de la Drees a également montré que l’augmentation du plafond des franchises médicales aurait un impact plus lourd sur les ménages âgés ou en mauvaise santé par rapport à une hausse de leur montant unitaire.
Le groupe Socialistes à l’Assemblée nationale a demandé l’abandon de cette me, soulignant qu’elle affecterait en premier lieu les patients les plus fragiles. Les critiques politiques se sont intensifiées, notamment sur les réseaux sociaux, où des députés ont accusé le PS d’avoir permis au gouvernement d’augmenter les franchises en ne censurant pas la me.
Source : LCP
