La France manque d’eau : 98 départements sous surveillance, les restrictions se généralisent
Pour la première fois depuis au moins 2013, 98 départements sont placés sous surveillance sécheresse, conséquence directe d’un troisième épisode caniculaire en moins de deux mois. La succession des vagues de chaleur commence à produire des effets durables. Alors que la France traverse ce troisième épisode caniculaire, la sécheresse atteint un niveau jamais observé depuis au moins 2013. Selon le site gouvernemental VigiEau, 98 départements sont désormais concernés par un dispositif de surveillance susceptible d’entraîner des restrictions d’usage de l’eau, un record qui témoigne de l’aggravation des tensions sur la ressource.
Dans le détail, 42 départements sont déjà classés en situation de « crise », le niveau d’alerte le plus élevé, tandis que 27 sont en « alerte renforcée » et 16 en « alerte ». Seuls treize départements demeurent au stade de la « vigilance », dont Paris. Les mes ne s’appliquent toutefois pas uniformément à l’ensemble des territoires concernés : dans certains départements, comme le Morbihan ou les Pyrénées-Orientales, seules certaines zones sont visées par les restrictions. Les territoires ultramarins ne sont pas épargnés. La Guadeloupe et la Martinique sont placées en « alerte », tandis que La Réunion est en « alerte renforcée ».
Face à cette dégradation rapide, le gouvernement serre la vis. Le ministère de la Transition écologique annonce qu’il « renforce » le dispositif national de gestion de la sécheresse. « Une instruction interministérielle (.) prévoit notamment la réunion des comités ‘ressource en eau’ dans chaque département, une prise rapide des arrêtés de restriction dès le franchissement des seuils, des contrôles renforcés et un suivi hebdomadaire de la situation à l’échelle des bassins hydrographiques », précise le ministère.
Au total, 201 arrêtés préfectoraux sont actuellement en vigueur. Selon les territoires, ces arrêtés peuvent limiter l’irrigation agricole, le remplissage des piscines privées, le lavage des véhicules, l’arrosage des jardins ou encore certains usages industriels. La Nouvelle-Aquitaine apparaît comme la région la plus touchée, avec onze de ses douze départements placés en situation de crise.
Cette tension sur la ressource en eau intervient alors que le pays subit une nouvelle séquence de températures extrêmes. Lundi, 37 départements restaient placés en vigilance rouge à la canicule, concernant environ 26 millions de Français. Météo-France prévient que « l’épisode caniculaire persiste, toujours sévère et durable ». Les températures doivent même repartir à la hausse dès mardi sur le centre du pays, l’Île-de-France et le Sud-Ouest.
L’assèchement des sols et les températures extrêmes affectent de nombreux secteurs économiques. EDF a dû interrompre la production de trois réacteurs nucléaires et réduire la puissance de plusieurs autres afin de respecter les contraintes de refroidissement. De plus, la sécheresse alimente un risque accru d’incendies. Depuis le début de l’année, près de 32 000 hectares ont déjà été parcourus par les flammes en France, soit davantage que pendant l’ensemble de la saison 2025.
Source : VigiEau.
