Publié le 30 juillet 2026 à 11h43 – Dernière mise à jour le 30 juillet 2026 à 11h43
À l’initiative de Claire Désert, codirectrice artistique de cette édition 2026, le Festival international de piano de La Roque d’Anthéron proposait une soirée exceptionnelle consacrée à trois géants de la musique : Bach, Messiaen et Liszt. Trois univers spirituels, trois pianistes d’exception et une même quête d’élévation ont offert au public du parc du château de Florans un moment suspendu.
Bach par Claire-Marie Le Guay, sous le regard d’Erik Orsenna

Claire-Marie Le Guay et Erik Orsenna ont consacré un ouvrage à Jean-Sébastien Bach, Que la joie demeure (Albin Michel), célébrant un compositeur dont la pianiste affirme que la musique « aide à vivre ». L’académicien était présent à La Roque d’Anthéron pour assister à ce récital entièrement dédié au Cantor de Leipzig. Grande interprète de Mozart, Claire-Marie Le Guay a proposé pendant plus d’une heure un parcours à travers plusieurs œuvres majeures de Bach : Prélude, Fantaisie chromatique, Suite anglaise, Partita, extraits du Concerto italien en fa majeur ou encore du Concerto en sol d’après Vivaldi. La pianiste a impressionné par sa maîtrise technique et une lecture profondément habitée. En bis, un aria extrait des Variations Goldberg a prolongé ce moment de grâce.
Les « Visions de l’Amen » de Messiaen, entre puissance et contemplation

Les Visions de l’Amen d’Olivier Messiaen, composées en 1943, explorent sept dimensions du mystère de la foi à travers un dialogue entre deux pianos. Michel Béroff et Marie-Josèphe Jude ont offert une interprétation d’une rare intensité, laissant respirer les silences autant que les notes. Leur performance a permis de ressentir la puissance et la contemplation de l’œuvre, captivant le public.
Liszt, ou l’intimité de la foi

Pour conclure cette soirée placée sous le signe du sacré, Tanguy de Williencourt a interprété plusieurs œuvres de Franz Liszt, dont Bénédiction de Dieu dans la solitude et Funérailles. Son jeu a révélé toute la richesse intérieure du compositeur, alliant virtuosité et émotion. En bis, il a offert une Sérénade de Schubert, apportant une touche de délicatesse à cette soirée dédiée aux multiples chemins du sacré.
Jean-Rémi BARLAND


