Facturation électronique dès la rentrée : moins de 20 % des entreprises sont prêtes
À six semaines de l’entrée en vigueur de la facturation électronique, l’administration fiscale affiche une confiance mesurée quant au succès de cette réforme. Cependant, elle reconnaît que « une partie des gens ne seront pas à l’heure ».
À partir du 1er septembre, toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, devront recevoir leurs factures via une des 142 plateformes électroniques agréées par l’État. Les plus grandes entreprises devront également émettre leurs factures par ce biais. Cette réforme, qui vise à simplifier les processus administratifs, a également pour objectif d’aider l’État à mieux détecter les fraudes à la TVA.
Moins de 20 % des entreprises sont prêtes
Actuellement, sur 11 millions d’entreprises concernées, seulement 2 millions ont choisi une plateforme de réception et sont inscrites dans l’annuaire dédié. Le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, a confirmé que le calendrier de mise en œuvre sera respecté. Il a également précisé que les entreprises « de bonne foi » qui ne seront pas prêtes à la rentrée ne seront pas sanctionnées, et que les factures traditionnelles resteront valables en attendant. Cette approche vise à instaurer une phase de démarrage bienveillante pour les entreprises rencontrant des difficultés.
Beaucoup de professionnels « sont perdus »
Jean-Matthieu Delacourt, président de la Fédération des très petites entreprises (FPTP), a souligné que de nombreux adhérents se sentent « perdus » face à cette réforme. Un chargé de projet d’une entreprise du CAC 40 a également exprimé des inquiétudes concernant des problèmes de communication entre les différentes plateformes.
Sébastien Rabineau, directeur du projet de facturation électronique à la direction générale des Finances publiques (DGFiP), a reconnu que certains ne seront pas prêts à temps. Il a rappelé qu’en Belgique, où une réforme similaire a été mise en place, 65 % des entrepreneurs étaient conformes à la date d’entrée en vigueur, atteignant 80 % deux mois plus tard. Il a noté une accélération des inscriptions sur l’annuaire, qui se poursuivra durant l’été.
Amélie Verdier, directrice de la DGFiP, a comparé les doutes entourant cette réforme à ceux observés avant la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de 2024 à Paris, qui a finalement été un succès. Elle a affirmé que le 1er septembre marquera le début d’une période de mise en place, et a assuré que l’administration sera réactive pour répondre aux défis qui se présenteront.
Source : Les Dernières Nouvelles d’Alsace
