Au Vietnam, que reste-t-il de la clameur des vendeurs de rue ?
Les matins à Hanoi, autrefois animés par les cris des vendeurs de rue, subissent une transformation silencieuse. Les mélodies des marchands, qui annonçaient des mets tels que le « xoi xeo » (riz gluant aux haricots mungo) ou le « banh gio » (raviolis de riz vapeur), se font de plus en plus rares. Ces voix, qui rythmaient le lever du jour, sont progressivement remplacées par le bruit des motos et les échos des chantiers.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte plus large de modernisation urbaine. Les rues, jadis peuplées de ces marchands ambulants, voient leur espace réduit face à l’urbanisation croissante. Les sons familiers, qui servaient de repères temporels et saisonniers, s’estompent, laissant place à un paysage sonore plus monotone.
Actuellement, les autorités locales mettent en place des initiatives pour réguler la présence des vendeurs de rue, cherchant à concilier développement urbain et traditions culturelles. Cependant, cette dynamique soulève des préoccupations quant à la perte d’une identité sonore unique qui caractérisait Hanoi.
La disparition progressive des cris de la rue ne se limite pas à un simple changement acoustique; elle témoigne d’une mutation plus profonde de la société vietnamienne, où l’équilibre entre modernité et tradition devient de plus en plus délicat à maintenir.
Source : Focus Courrier International
