Où en est le processus de lancement de la monnaie Eco ?

Où en est le processus de lancement de la monnaie Eco ?

La Guinée a récemment réaffirmé sa préférence pour sa monnaie nationale plutôt que pour l’Eco, quelques jours après le sommet de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), qui a annoncé un lancement prévu de cette monnaie commune pour l’année prochaine.

Actuellement, la Cédéao est composée de 12 pays, suite au départ de trois membres qui ont constitué l’Alliance monétaire ouest-africaine (AES). Parmi ces pays, ceux de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) utilisent le franc CFA, tandis que les autres membres possèdent leur propre monnaie.

L’idée d’une monnaie commune est née dans les années 80, plus précisément en mai 1983, alors que plusieurs pays anglophones, dont le Nigeria et le Ghana, se réunissaient au sein de la West Africa Monetary Zone. Cette zone a été créée en 2000, et c’est à ce moment-là que le nom « Eco » a été proposé.

Pourquoi l’Eco n’est toujours pas lancé ?

Le lancement de l’Eco est prévu pour l’année prochaine, plus de deux décennies après la première date fixée au 1er janvier 2003. Ce retard est dû à plusieurs reports, notamment à cause de la pandémie de Covid-19, qui a aggravé la situation de la dette publique dans la région. Les critères de convergence, qui incluent des limites sur le déficit budgétaire (3 % du PIB), l’inflation (10 %) et la dette publique (70 % du PIB), sont des conditions essentielles pour l’adhésion à l’Eco.

Le sommet de la Cédéao a décidé que le lancement de l’Eco se fera avec les pays respectant ces critères. Actuellement, quatre pays, dont le Sénégal et les membres de l’AES, ne sont pas prêts.

Quels pays s’opposent au lancement de l’Eco ?

La Guinée est le seul pays à avoir exprimé son opposition à l’adoption de l’Eco. Les divergences entre les pays de la Cédéao, notamment en raison de la coexistence de différentes monnaies nationales, compliquent le processus d’harmonisation. Les questions de régime de change et d’arrimage de l’Eco à une monnaie stable, comme l’euro ou le dollar, restent également en suspens.

Réactions en Guinée après le refus d’adopter l’Eco

De nombreux citoyens guinéens, comme Moustapha Kaba, estiment que conserver le franc guinéen est essentiel pour maintenir la souveraineté monétaire du pays. D’autres, comme le jeune économiste Bella Bah, soulignent qu’il est nécessaire de renforcer l’économie locale avant d’envisager l’intégration dans une zone monétaire.

La Guinée, bien qu’elle participe aux travaux préparatoires de la future monnaie, a clairement indiqué qu’elle ne l’adoptera pas pour le moment, en raison de la nécessité de réformes structurelles profondes.

Ainsi, le processus de lancement de l’Eco demeure incertain, avec des échéances qui pourraient encore être ajustées en fonction de la préparation des pays membres.

Source : DW News

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