L'ACTIVISTE ERIN BROCKOVICH S'ATTAQUE AUX DATA CENTERS DE L'IA

Erin Brockovich s’attaque aux data centers de l’IA

Erin Brockovich, activiste environnementale américaine, a récemment lancé une initiative pour suivre l’expansion des data centers liés à l’intelligence artificielle (IA) aux États-Unis. Après avoir acquis une renommée mondiale grâce à son combat contre la contamination de l’eau à Hinkley, en Californie, elle met désormais en lumière les enjeux liés à la consommation d’eau, au bruit et à l’opacité des projets de data centers.

Le déclencheur de cette nouvelle lutte a été une série de préoccupations exprimées par des citoyens. En avril 2026, Brockovich a créé la plateforme Brockovich Data Center pour recueillir les alertes citoyennes et documenter l’implantation de ces infrastructures. En un mois, près de 4 000 personnes ont répondu à son appel, et fin juin, la carte associée au projet comptait plus de 140 data centers liés à l’IA, incluant des sites en service, des chantiers et des projets annoncés. Plus de 7 000 signalements ont été transmis via le formulaire en ligne.

L’eau au centre du conflit

Les signalements révèlent un problème récurrent : les citoyens prennent souvent connaissance des projets trop tard. Dans The Brockovich Report, elle questionne la transparence de ces initiatives : « Si les data centers sont si formidables, pourquoi sont-ils construits en secret ? ». Les critiques portent sur la manière dont ces infrastructures sont implantées, avec des réunions publiques tardives et des documents techniques peu accessibles.

L’eau est au cœur des préoccupations, avec près de deux tiers des data centers liés à l’IA prévus dans des zones déjà touchées par la sécheresse, selon une analyse du Guardian. Les plus grands sites peuvent nécessiter jusqu’à 19 millions de litres d’eau par jour. Un data center moderne peut consommer autant que 100 000 foyers, et certains projets de grande envergure jusqu’à vingt fois plus, selon le World Resources Institute.

La pression ne provient pas seulement des riverains, mais également d’investisseurs. En avril 2026, Reuters a rapporté que Trillium Asset Management et Green Century Capital Management ont demandé à des entreprises comme Amazon, Microsoft et Alphabet une plus grande transparence sur la consommation d’eau et d’électricité de leurs data centers. En 2025, les data centers nord-américains ont utilisé près de 1 000 milliards de litres d’eau, soit l’équivalent de la demande annuelle de New York.

La plateforme Brockovich Data Center recense également des informations sur la consommation d’énergie, les déchets électroniques, les risques d’implantation, la pression sur les infrastructures locales et le bruit des systèmes de refroidissement.

Source : The Guardian

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