Épargne : l’État jongle entre Livret A à 1,7% et LEP à 2,5% pour protéger les ménages modestes

Épargne : l’État jongle entre Livret A à 1,7% et LEP à 2,5% pour protéger les ménages modestes

Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a annoncé que le taux du Livret A sera porté à 1,7 % à compter du 1er août 2023, tandis que celui du Livret d’épargne populaire (LEP) sera maintenu à 2,5 %. Cette décision s’inscrit dans un contexte où l’État cherche à préserver le pouvoir d’achat des ménages modestes tout en évitant d’alourdir le coût du capital pour le logement social.

Cette révision semestrielle, qui suit les recommandations de la Banque de France, marque une évolution par rapport au taux de 1,5 % en vigueur depuis le 1er février 2026. La formule de calcul du Livret A repose sur une moyenne semestrielle entre l’inflation hors tabac et le taux €STR, avec un résultat de 1,7 %, reflétant une inflation moyenne sur six mois autour de 1,5 %.

Le ministre a précisé que cette hausse vise à tenir compte des réalités économiques actuelles, notamment l’inflation contenue et les incertitudes liées à la crise au Moyen-Orient. Bien que le taux du Livret A reste légèrement inférieur à l’inflation de juin, évaluée à 1,8 %, l’écart entre les taux du Livret A et du LEP permet de soutenir le discours politique sur la protection de l’épargne sans créer l’illusion d’un placement très rémunérateur.

Les nouveaux taux, applicables jusqu’à fin janvier 2027, visent à renforcer la protection des revenus des ménages éligibles au LEP tout en maintenant un équilibre pour le financement du logement social. Le LEP, dont le taux théorique aurait dû être de 2,2 %, est ainsi maintenu à 2,5 % pour soutenir spécifiquement les ménages modestes.

En janvier 2023, le gouvernement avait déjà décidé d’un Livret A à 1,5 % et d’un LEP à 2,5 %, soulignant que la formule de calcul n’est qu’indicative par rapport à des considérations politiques. Le nombre de détenteurs du LEP a dépassé 12 millions, contre environ 7 millions en 2020, ce qui indique l’impact positif des campagnes d’ouverture et des relèvements successifs.

À travers cette décision, l’État met en place une redistribution discrète de l’épargne, en favorisant un surrendement défiscalisé, ciblé et plafonné, tout en restant prudent face aux évolutions macroéconomiques futures.

Source : La Tribune.

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