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Une commission d’enquête a révélé que la capacité des data centers en France pourrait atteindre 15 gigawatts (15 000 mégawatts, MW) d’ici cinq ans, représentant environ 24 % de la puissance nucléaire française. Ce développement pose un risque d’accaparement de la production électrique par des opérateurs extra-européens, notamment des hyperscalers dédiés à l’intelligence artificielle. La majorité de ces contrats a été établie en 2025 et 2026.
Le rapport, dirigé par Cyrielle Chatelain, cheffe du groupe écologiste à l’Assemblée, et présidé par Philippe Latombe, a été publié le 15 juillet. Il critique un « laisser-faire » qui aboutit à une domination des GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) sur le secteur numérique européen. En 2024, la France comptait déjà 352 centres de données, selon l’Ademe, l’agence de la transition écologique, avec de nombreux projets en attente de raccordement au réseau électrique RTE.
Les prévisions à long terme indiquent que la consommation des data centers pourrait atteindre environ 50 terrawatts (TW) d’ici 2050, contre 8 TW actuellement.
Les rapporteurs ont également mis en lumière le risque de traitement d’un volume considérable de données personnelles dans ces infrastructures, soulevant des inquiétudes quant à l’extraterritorialité du droit. Cela pourrait entraîner une absence de protection pour les citoyens et entreprises françaises et européennes.
« Les multinationales font tout pour ne pas payer d’impôts »
Ophélie Coelho, chercheuse associée à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), a souligné lors de son audition que bien que ces centres créent de la valeur, cette valeur n’est pas nécessairement bénéfique pour les pays européens qui les accueillent. Elle a ajouté que les grandes multinationales cherchent à minimiser leur contribution fiscale tout en exploitant les ressources locales.
Le rapport souligne également que les data centers ne sont pas neutres sur le plan environnemental, citant la consommation de foncier, la pollution liée aux générateurs de secours, l’utilisation de fluides frigorigènes contenant des PFAS, et la création d’îlots de chaleur urbaine.
Malgré ces préoccupations, le gouvernement continue de soutenir activement le développement de ces projets. En février 2025, Emmanuel Macron avait annoncé des investissements privés de 109 milliards d’euros pour leur implantation, principalement en provenance des Émirats arabes unis. Plusieurs sites bénéficient d’une réduction des délais de raccordement électrique, et 65 emplacements ont été identifiés pour faciliter la recherche de foncier. La commission a critiqué ce soutien comme étant « tous azimuts », sans évaluation des profils des futurs exploitants.
Source : Rapport de la commission d’enquête sur le secteur numérique, Assemblée nationale, 15 juillet 2026.

