Manif pro-Palestine à Berne : pourquoi l'enquête fait polémique

Manifestation pro-Palestine à Berne : une enquête controversée sur l’identification des suspects

Après la manifestation pro-Palestine à Berne en octobre 2025, l’utilisation de l’intelligence artificielle pour identifier des suspects par des militants d’extrême droite soulève des questions juridiques.

Le 11 octobre 2025, une manifestation pro-palestinienne dans la capitale suisse a dégénéré, entraînant des soupçons de dommages à la propriété, de violences contre les forces de l’ordre, de menaces et d’incendie volontaire. Les enquêteurs ont tenté d’identifier 31 suspects pendant plusieurs mois, sans succès. La police cantonale bernoise a alors décidé de lancer un appel à témoins public, floutant initialement les visages avant de publier, le 30 mars 2026, des photographies non floutées des personnes recherchées.

Selon une enquête du média alémanique Republik, plusieurs militants d’extrême droite ont utilisé ces images pour mener leurs propres recherches, recourant à des outils de reconnaissance faciale. Dès le lendemain de la publication, des noms ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux, accompagnés de profils personnels et d’informations professionnelles sur les individus concernés, notamment par le groupuscule Junge Tat, lié à la mouvance néonazie.

Peu après, cinq personnes ont été retirées de l’appel à témoins, les autorités confirmant leur identification. Cela a soulevé des interrogations sur le rôle des informations diffusées en ligne dans le processus d’enquête. La police bernoise a déclaré ne pas utiliser la reconnaissance faciale, manquant de cadre légal, et a seulement reçu « de nombreux renseignements » du public.

Cette situation met en lumière des zones d’ombre juridiques. Que se passe-t-il lorsque des particuliers utilisent ces outils avant de transmettre des identifications aux enquêteurs ? Selon Me Maëlle Roulet, avocate spécialisée en droit des nouvelles technologies, le cadre juridique actuel permet plusieurs interprétations.

Amnesty International a également rappelé des questions sur le respect de la présomption d’innocence et du principe de proportionnalité.

Sources : Florise Vaubien, Republik, Amnesty International.

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