En Irak, la jeunesse tourne le dos aux champs : « La terre ne fait plus vivre »

En Irak, la jeunesse tourne le dos aux champs : « La terre ne fait plus vivre »

Sous un soleil déjà écrasant, Smain, 19 ans, s’active sur son exploitation agricole à Qazal Quyu, où il déroule un tuyau d’irrigation entre des rangées de concombres desséchés. À proximité, des débris de plastique calcinés témoignent d’un incendie survenu récemment, causé par un mini-tourbillon de vent qui a arraché une ligne électrique. L’étincelle générée a suffi à embraser les cultures, entraînant la fusion de trente-cinq mètres de canalisations. Le sol est si sec que tout le village aurait pu s’enflammer.

Ce phénomène s’inscrit dans un contexte plus large de dégradation des conditions agricoles en Irak. La jeunesse, comme Smain, se trouve confrontée à des défis croissants, notamment la sécheresse, la pollution de l’eau et l’instabilité économique. Ces facteurs incitent de nombreux jeunes à abandonner l’agriculture, perçue désormais comme une voie sans avenir.

Selon des données récentes, la superficie des terres agricoles en Irak a diminué de 20 % au cours de la dernière décennie, tandis que le chômage parmi les jeunes agriculteurs a atteint des niveaux alarmants. Cette situation pousse une partie de la population à se tourner vers des emplois urbains, souvent précaires, laissant derrière elle un secteur agricole en crise.

La conséquence directe de cette tendance est une diminution de la production alimentaire locale, rendant l’Irak de plus en plus dépendant des importations. Cela soulève des inquiétudes quant à la sécurité alimentaire et à la durabilité des moyens de subsistance pour les générations futures.

Source : La Croix

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