Au Zimbabwe, le “Crocodile” Emmerson Mnangagwa renforce son emprise sur le pouvoir
Après des semaines de débats à Harare, le projet de loi portant modification de la Constitution du Zimbabwe, intitulé “CAB3”, a été adopté à l’Assemblée nationale le 18 juin avec 216 voix pour et 42 contre. Ce texte prévoit le prolongement de deux ans du mandat présidentiel et la suppression de l’élection directe du président, remplacée par une élection au Parlement.
Le projet de loi a été transmis au Sénat, où il doit obtenir une majorité des deux tiers avant d’être présenté au président Emmerson Mnangagwa, surnommé le “Crocodile”, pour approbation. Âgé de 83 ans, le chef de l’État devait initialement céder son fauteuil présidentiel en 2028. Si la loi entre en vigueur, il pourrait rester en fonction jusqu’en 2030.
Ces modifications constitutionnelles auraient dû être soumises à un référendum, selon l’opposition et des juristes. Cependant, le parti du président, l’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF), qui dirige le pays depuis 1980, a estimé que cela n’était pas nécessaire. Cette position est également soutenue par le ministre de la Justice, Ziyambi Ziyambi.
Peu après l’annonce des résultats du vote, Chalton Hwende, député d’opposition de la Coalition citoyenne pour le changement (CCC), a affirmé que sans le soutien de certains membres de l’opposition, le projet de loi n’aurait pas été adopté. Il a précisé que la Zanu-PF n’avait pas assez de voix pour atteindre les deux tiers et a été aidée par 35 élus du CCC.
Cette situation a mis en lumière des divisions au sein de l’opposition, certains critiques arguant que le projet de loi aurait échoué si tous les législateurs de l’opposition avaient voté contre. Des figures de l’opposition et des groupes de la société civile ont dénoncé cette adoption comme une “trahison de l’électorat”.
Fidèles au CCC, 42 législateurs qui s’opposent aux amendements ont promis de résister par les voies politique et judiciaire. Cependant, l’espoir d’un renversement semble faible. Selon l’avocat constitutionnaliste Musa Kika, le Sénat actuel, dominé par la Zanu-PF, n’a pas la capacité de voter contre la loi CAB3.
Source : Courrier International
