Portrait : « L’esthétique est essentielle »
Il y a cinq ans, Eliott de Sousa a quitté Clermont-Ferrand pour Paris, animé par sa passion pour la photographie. Aujourd’hui, à 24 ans, il collabore avec de nombreux artistes, façonnant leur identité visuelle.
Eliott de Sousa est un nom qui commence à résonner dans le monde de la musique française. En mai dernier, il a signé la pochette de l’album Une pieuvre dans un seau de la chanteuse Surprise, ajoutant à son palmarès des projets avec des artistes comme Eddy de Pretto, Bb Jacques, et Ino Casablanca. À seulement 24 ans, il s’impose progressivement dans le paysage du rap français, où son travail est décrit comme « touche à tout, curieux et sensible ».
Originaire de Clermont-Ferrand, Eliott a déménagé à Paris à 19 ans, après la pandémie de Covid-19, pour vivre de sa passion. Il a réussi à s’insérer dans le milieu musical, développant un réseau d’artistes avec qui il collabore régulièrement. Son ami, The Doug, souligne qu’Eliott est « un bosseur pointilleux qui sait vers où il va artistiquement ».
Fils d’un père régisseur et d’une mère scénographe, Eliott a baigné dans un environnement artistique depuis son enfance. Il a d’abord consacré son temps libre au dessin, avant de découvrir la photographie lors d’une exposition de Gregory Crewdson, un photographe américain connu pour ses mises en scène. Ce fut un tournant : « Il était fasciné », se remémore sa mère, Yolande Barakrok. Eliott a ensuite appris la photographie en autodidacte, s’exerçant sur des logiciels de retouche.
Son approche artistique est influencée par Crewdson, et il accorde une grande importance à l’esthétique dans ses œuvres : « L’esthétique est essentielle. Je prends soin de raconter quelque chose à travers mes photos », confie-t-il. Son ami The Doug le décrit comme talentueux en post-production, capable de réaliser des éléments de 3D et d’étalonnage.
Eliott privilégie souvent l’improvisation lors de ses séances photo. Par exemple, la couverture de l’album Blackbird de Bb Jacques a été réalisée de manière spontanée, après une demande informelle lors d’un barbecue. Il a également capturé une scène quotidienne pour la pochette du single Rodéo./.Charnel. du rappeur Advm, illustrant son talent pour saisir l’instant.
Cependant, Eliott fait face à des défis dans le milieu de la musique, qu’il trouve précaire comparé à celui de la mode. Avec environ dix shootings par an, ses revenus varient, le poussant à faire du graphisme pour subvenir à ses besoins. Il déplore le manque de reconnaissance pour le travail des photographes dans l’industrie musicale, malgré l’initiative récente de Spotify qui a mis en place un outil pour afficher les crédits musicaux.
Eliott aspire à évoluer, s’intéressant à la photographie d’avant pour enrichir sa pratique. Ses projets futurs incluent potentiellement le photojournalisme et des expositions en galerie, soutenus par son entourage. « Il a envie d’élargir ses horizons », conclut The Doug, soulignant les nombreuses collaborations d’Eliott, y compris avec des artistes de K-Pop et la chanteuse franco-suisse Yoa.
Source : Franceinfo



