« Aux heures chaudes, les chèvres restent à l’intérieur » : les éleveurs au défi de la canicule
La chaleur intense de l’été ne touche pas seulement les humains, mais également les animaux et les cultures dans les campagnes françaises. Face aux températures élevées et au manque de pluie, les agriculteurs adaptent leurs pratiques. Nathalie Decoudu, gérante de La Ferme des Coteaux à Massilly (Saône-et-Loire), explique : « On a changé notre façon de faire. On laisse les chèvres pâturer la nuit jusqu’à ce qu’il fasse nuit noire à 22 h, et au petit matin. Aux heures les plus chaudes, elles restent à l’intérieur. »
Dans plusieurs régions, les prairies ne poussent plus, alors que cette période correspond habituellement à un pic de production d’herbe. La première récolte de fourrage au printemps a été satisfaisante, mais la deuxième coupe est désormais menacée à cause du manque de précipitations. Les réserves de fourrage destinées à l’hiver doivent déjà être entamées par certains éleveurs. Josselin Francoz, à la tête de La Ferme des Rapilles à Engins (Isère), indique que, exceptionnellement, ses vaches ont été rentrées dans le bâtiment pour compenser le manque d’herbe.
La production laitière est également impactée. Francoz a anticipé les chaleurs en achetant de l’herbe sur pied, limitant ainsi l’utilisation des stocks d’hiver, mais cela engendre des coûts supplémentaires. Il constate une perte de près de 40 % de la production laitière de base pendant l’été. Les animaux souffrent de la chaleur, ce qui les pousse à boire davantage tout en réduisant leur ingestion de nourriture.
Cette situation entraîne une diminution des quantités de lait et affecte sa richesse, un critère essentiel pour la rémunération des producteurs. Moins de lait et de qualité se traduisent par des revenus réduits pour les exploitations concernées. Les éleveurs, dont Decoudu et Francoz, espèrent une aide de l’État, bien qu’ils restent réalistes quant à l’impact de telles mes.
À court terme, la survie des exploitations dépendra de l’évolution des conditions météorologiques. À long terme, il sera crucial d’anticiper ces épisodes de sécheresse et de chaleur. Certaines fermes pourraient être contraintes d’ajuster leurs cheptels pour s’adapter aux ressources fourragères disponibles, soulignant ainsi un changement profond dans l’agriculture face à une météo de plus en plus imprévisible.
Source : La Presse.



