Éclipse solaire de ce soir : faut-il craindre une panne de courant géante ?
L’éclipse solaire de ce soir va offrir un spectacle rare au-dessus de la France et de l’Espagne, mais elle entraîne également une chute rapide de la production d’énergie solaire à l’échelle du continent. Les gestionnaires européens se préparent depuis plusieurs mois pour gérer cette situation.
Des millions d’Européens auront les yeux rivés vers le ciel pour vivre une éclipse solaire. La Lune masquera le Soleil pendant quelques minutes, offrant une éclipse totale au nord de l’Espagne et un taux d’occultation pouvant dépasser les 99 % dans certaines régions du sud de la France. Un événement important, car la prochaine occasion de contempler un tel phénomène n’aura pas lieu avant près de 60 ans.
Pendant que le grand public profitera du spectacle, les gestionnaires de réseau resteront vigilants. L’éclipse va provoquer une chute rapide de la production d’énergie solaire à l’échelle du continent, un défi que les opérateurs affirment avoir anticipé.
Une baisse express de la production photovoltaïque
Contrairement à un coucher de soleil classique, qui fait décliner la luminosité lentement, l’éclipse provoque un déclin rapide sur une vaste zone géographique. Le Réseau européen des gestionnaires de réseau de transport d’électricité (ENTSO-E) suit l’événement de près, car le solaire représente désormais environ 13 % de l’électricité produite dans l’Union européenne, contre presque rien il y a quinze ans.
Au pic de l’éclipse, prévu entre 19h15 et 21h30, la perte de production pourrait atteindre 9,7 gigawatts (GW) à l’échelle du continent. La péninsule ibérique sera la plus touchée. Le gestionnaire espagnol Red Eléctrica de España (REE) anticipe une baisse d’environ 5 GW, soit près de 13 % de la demande de pointe d’un mercredi d’août typique. En France, RTE évalue la perte à 1 800 MW, équivalent à peu près à la consommation électrique de l’agglomération lyonnaise.
Le risque de black-out reste très faible
Les analyses techniques écartent la possibilité de coupures de courant. Le réseau électrique européen est maillé et interconnecté pour absorber ce genre de variation. La prévisibilité de l’éclipse constitue un atout majeur. Les gestionnaires savent depuis des mois à quelle minute la baisse commencera et quelles zones seront concernées.
Pour combler le manque, les gestionnaires mobilisent des moyens « pilotables » : barrages hydroélectriques, centrales à gaz, et parc nucléaire. Des pays comme la France, qui disposent de marges excédentaires, peuvent également injecter leur surplus vers les zones les plus affectées, notamment l’Espagne ou l’Allemagne.
Un horaire qui joue en faveur du réseau
Le réseau européen a déjà traversé des épreuves similaires. Lors de l’éclipse partielle du 20 mars 2015, la production photovoltaïque avait chuté de 35 GW à l’échelle européenne, dont 2 GW en France, sans incident. L’éclipse de ce soir se présente dans des conditions favorables, survenant en fin de journée, à un moment où le Soleil est déjà bas sur l’horizon.
Source : 01net



