À Terre Attitude, les jeunes du monde agricole face à un dilemme d’installation
Le dimanche 30 août, Esteban Blanchet, éleveur de vaches laitières de 29 ans, observe les moissonneuses-batteuses lors de l’événement Terre Attitude à Saint-Glen (22). Cette manifestation, la plus importante des Côtes-d’Armor, attire chaque année des milliers de visiteurs. L’ambiance festive contraste avec les préoccupations des jeunes agriculteurs présents, qui échangent sur des sujets variés, évitant de parler des difficultés liées à leur métier.
Renaud Le Rouzes, 21 ans, mécanicien, exprime son hésitation à s’engager dans l’agriculture. « La conjoncture actuelle est trop incertaine », déclare-t-il. La pression économique et foncière, ainsi que les conditions climatiques, pèsent sur les jeunes. « C’est pas que ça fait peur de se lancer, ça fait flipper complet. »
Les difficultés sont accentuées par un été marqué par un manque de pluie. Les champs de maïs, visibles autour des 27 hectares de l’événement, montrent des signes de sécheresse. Esteban, installé à Hénansal depuis avril 2025, souligne que ses rendements sont catastrophiques cette année, avec une dépendance accrue aux stocks de fourrage d’hiver.
Statistiquement, l’agriculture française fait face à des défis croissants, notamment en matière de rentabilité. En 2021, le prix moyen du lait était de 42 centimes par litre, un tarif jugé insuffisant par de nombreux producteurs. Selon l’INSEE, la part des exploitants agricoles ayant un revenu inférieur au seuil de pauvreté s’est accrue, soulignant les difficultés économiques du secteur.
Esteban Blanchet, malgré ces défis, reste passionné par son métier. Il produit environ 900 000 litres de lait par an et doit parfois réduire son propre salaire pour rémunérer ses employés. « J’adore le lait, j’adore les animaux, et nourrir les gens », affirme-t-il.
L’événement Terre Attitude, qui a rassemblé 25 500 personnes ce week-end, offre aux jeunes agriculteurs une opportunité de se rencontrer et de partager des expériences, tout en leur permettant de se changer les idées face à un avenir incertain.
Source : Le Télégramme
