Dans la toundra du Kamtchatka, un héritage de dissuasion nucléaire
Depuis 1955, un site isolé de la péninsule du Kamtchatka en Russie, connu sous le nom de polygone de Koura, sert de cible pour les essais de missiles balistiques. Ce lieu, à l’écart des zones habitées, est devenu un témoin silencieux des évolutions de la dissuasion nucléaire.
Un terrain d’essai stratégique
Le polygone de Koura, situé à environ 130 kilomètres au nord-ouest de la ville de Klioutchi, est un vaste terrain balayé par les vents polaires. Son isolement en fait un site idéal pour les tests d’ogives, permettant d’éviter tout risque pour les populations environnantes. Les militaires soviétiques, puis russes, ont choisi cet emplacement pour sa distance des zones habitées.
Des missiles parcourant 6 000 kilomètres
Les missiles balistiques, dont certains comme le Boulava, sont tirés depuis des sous-marins nucléaires en mer Blanche ou en mer de Barents, parcourant plus de 6 000 kilomètres avant de frapper la toundra. En décembre 2020, le sous-marin Youri Dolgorukiy a démontré cette capacité en tirant quatre missiles vers Koura.
Un héritage de sept décennies
Le site est en opération depuis 1955, et au fil des ans, il a accueilli des ogives d’essai dépourvues de charge explosive réelle. Ces essais ont laissé derrière eux des cratères et des débris, témoignant d’une histoire de dissuasion nucléaire qui s’étend sur plus de 70 ans. Des campagnes notables incluent le tir de seize missiles R-29RM en août 1991 et vingt missiles en 1998 par des sous-marins de classe Typhoon.
Un lien administratif avec Plessetsk
Administrativement, le polygone de Koura est rattaché au cosmodrome de Plessetsk, dans le nord-ouest de la Russie. Cette gestion par les forces de défense aérospatiale russes souligne le lien entre les programmes spatiaux et balistiques.
Le polygone de Koura reste actif, continuant de jouer un rôle dans la doctrine de dissuasion russe, tout en laissant des traces visibles sur le sol gelé de la péninsule. Ce site rappelle l’histoire complexe de la course aux armements, qui, à ce jour, n’est pas terminée.
Source : Science Post

