À Gaza, des cours de natation pour “oublier les horreurs de la guerre”
Alma, 13 ans, vit dans la bande de Gaza. Elle a perdu sa mère lors d’une frappe israélienne en mai dernier. Cet été, elle a pu “retrouver son enfance pendant quelques heures” en apprenant à nager. “La natation me permet d’échapper à la guerre et aux soucis qui m’habitent”, témoigne-t-elle dans un reportage de la correspondante du quotidien britannique The Guardian.
Alma fait partie des centaines d’enfants gazaouis qui bénéficient de cours de natation pour la première fois depuis trois ans, période durant laquelle le territoire a été ravagé par la guerre. Cette initiative a été mise en place par Amjed Tantesh, fondateur de la première académie de natation de Gaza, il y a plus de vingt ans.
Des bassins construits à la main avec des décombres
Cet été, Tantesh a mobilisé des dizaines de bénévoles pour créer plusieurs piscines sur les plages du centre de l’enclave. Ces “bassins d’eau de mer improvisés” ont été construits à la main avec des sacs de sable et des décombres de bâtiments détruits par les bombardements israéliens. Le matin, des cours gratuits sont organisés pour les enfants dont les parents ont été tués lors d’attaques israéliennes, tandis que l’après-midi, les piscines sont ouvertes à tous.
“Les piscines attirent les enfants de toute la plage comme de véritables aimants”, explique Tantesh, qui a également été correspondant à Gaza pour The Guardian. “C’est une occasion rare de se détendre, de profiter et de retrouver une partie de leur enfance volée.”
Une “échappatoire indispensable”
Avec la perte de proches, les bombardements et les déplacements, la majorité des enfants de Gaza vivent dans des conditions difficiles, souvent entassés dans des camps de tentes surpeuplés, chauds et bruyants, sans accès à l’eau potable ni à des installations sanitaires adéquates. Ces jeunes ont subi des années de traumatismes extrêmes.
Pour eux, les cours de natation “offrent une échappatoire indispensable”, écrit The Guardian. “Cela me permet de m’entraîner, de jouer et de respirer de l’air frais, loin des tentes”, explique Maryam, 10 ans, qui a perdu son père. “Je viens ici tous les deux jours parce que cela me donne l’impression de vivre ma vie et de profiter de mon temps, au lieu de rester sous la tente à entendre les bruits des bombardements”, témoigne Laïla, 14 ans, qui a perdu son frère.
Amjed Tantesh, lui aussi touché par la perte d’un proche lors d’une attaque israélienne l’année dernière, trouve du réconfort en voyant ces enfants “oublier un instant les horreurs de la guerre”. Ce projet lui procure un immense sentiment de bonheur et de guérison : “Je me sens à nouveau vivant”, confie-t-il.
Source : The Guardian
