Des comètes autour d’une jeune étoile pourraient révéler comment l’eau est arrivée sur Terre
L’origine de l’eau sur Terre est un sujet de débat parmi les scientifiques. Si l’eau est omniprésente sur notre planète, son arrivée reste encore incertaine. Selon certaines théories, une partie de l’eau aurait été intégrée aux matériaux qui ont formé la Terre, tandis que d’autres corps riches en eau, tels que les comètes, pourraient également avoir joué un rôle dans l’approvisionnement des jeunes systèmes solaires.
Pour explorer cette question, des astronomes se tournent vers des systèmes stellaires plus jeunes. À environ 370 années-lumière de la Terre, l’étoile PDS 70 offre un aperçu unique de cette période de formation.
De l’eau là où elle ne devrait pas être
PDS 70 est une étoile jeune, âgée d’environ 5 millions d’années, entourée d’un disque de gaz et de poussières dans la constellation du Centaure. Deux planètes géantes, PDS 70 b et PDS 70 c, y ont été détectées, modifiant la structure du disque protoplanétaire.
Une découverte récente faite grâce au télescope spatial James-Webb a révélé la présence de vapeur d’eau dans la région interne de ce système, à une distance comparable à celle de la Terre au Soleil. Cette découverte est surprenante, car les températures élevées dans cette zone, dépassant les 300 °C, rendent impossible la présence de glace. Les chercheurs cherchent donc à comprendre comment de l’eau ou des matériaux capables de libérer de l’eau peuvent se retrouver dans cette région chaude.
Une équipe de chercheurs a réexaminé des observations spectroscopiques de PDS 70, révélant des signatures d’absorption qui indiquent un comportement de gaz variable. Ce phénomène est difficile à expliquer par des mouvements simples de gaz provenant du disque.
Des planètes capables de catapulter les comètes
Les chercheurs avancent une hypothèse selon laquelle ces signatures pourraient être le résultat de corps se désagrégeant en approchant de l’étoile, potentiellement des exocomètes. Lorsqu’un petit corps riche en glaces s’approche suffisamment de son étoile, les matériaux volatils se subliment, formant un nuage de gaz qui laisse une empreinte dans le spectre de l’étoile.
Pour comprendre comment ces petits corps pourraient se retrouver près de l’étoile, les chercheurs ont réalisé des simulations numériques. Leurs résultats montrent que les interactions gravitationnelles avec les deux planètes géantes peuvent modifier les orbites des planétésimaux, les plaçant sur des trajectoires excentriques qui les ramènent près de l’étoile.
Ce mécanisme de redistribution pourrait avoir des parallèles dans notre propre système solaire, où les interactions gravitationnelles ont également remodelé les orbites des petits corps, certains étant éjectés tandis que d’autres ont été dirigés vers les régions internes.
Les chercheurs notent que, même si des astéroïdes et des comètes riches en eau ont pu contribuer à l’approvisionnement en eau de la Terre, PDS 70 ne permet pas de conclure que les comètes sont responsables de l’intégralité de l’eau présente aujourd’hui sur notre planète.
Ainsi, bien que le système PDS 70 ne résolve pas le mystère de l’origine de nos océans, il offre une occasion précieuse d’étudier les mécanismes de redistribution de matière lors de la formation des planètes.
Source : Futura Sciences.

