Un signal laser capté par le radiotélescope MeerKAT à 8 milliards d’années-lumière
Le radiotélescope sud-africain MeerKAT a détecté un signal radio exceptionnellement brillant provenant d’un couple de galaxies en fusion, situé à 8 milliards d’années-lumière. Cette découverte a été rapportée par une équipe de l’université de Pretoria dans un article déposé sur arXiv en février 2026, encore en attente de validation par les pairs. Jusqu’à présent, les astronomes n’avaient jamais observé ce type d’émission au-delà de 3 milliards d’années-lumière, principalement en raison de limitations de sensibilité. La détection de ce mégamaser cosmique a été facilitée par une galaxie interposée, dont la gravité courbe et amplifie le rayonnement, agissant comme une lentille gravitationnelle.
Un maser, qui émet dans les ondes radio, se forme lorsque des molécules d’hydroxyle dans des nuages moléculaires denses absorbent le rayonnement infrarouge des étoiles voisines et le restituent sur une raie radio étroite. Le signal capté par MeerKAT provient de HATLAS J142935.3-002836, une source associée à deux galaxies en collision, un phénomène qui devrait également se produire entre la Voie lactée et Andromède dans environ 5 milliards d’années.
La détection de ce mégamaser est rendue possible grâce à l’effet de lentille gravitationnelle, qui concentre le rayonnement vers nos antennes. L’équipe de recherche a mesuré une luminosité apparente sans précédent parmi les mégamasers connus, atteignant l’équivalent de plus de 300 000 soleils. Cependant, une fois l’effet de la lentille pris en compte, la puissance intrinsèque de la source reste incertaine.
Cette découverte marque une avancée significative dans le catalogue des sources d’émissions radio, étendant notre compréhension des fusions de galaxies à 8 milliards d’années-lumière, une époque où l’univers n’était qu’à moitié de son âge actuel. Le décalage vers le rouge, qui me l’expansion de l’univers, atteint ici 1,027, un chiffre considérablement supérieur à celui des mégamasers précédemment identifiés.
Cette avancée permet non seulement de pousser les limites de la recherche cosmique, mais aussi de dater les fusions de galaxies à travers l’histoire de l’univers, un élément essentiel pour les modèles de formation galactique. Le radiotélescope MeerKAT sert de précurseur au Square Kilometre Array, un futur réseau d’antennes qui devrait permettre d’identifier encore plus de ces phénomènes.
Source : Université de Pretoria, article sur arXiv.



