Une dégustation tous sens en éveil : vieux et nouveau monde de la bière
Avec plus de 10 000 ans d’histoire, la bière s’affirme aujourd’hui comme une boisson riche en culture, avec plus de 160 styles différents et un potentiel d’accords gastronomiques en pleine reconnaissance, même sur des marchés traditionnellement dominés par le vin, comme le Portugal.
Ce Jour international de la bière, célébré chaque année le premier vendredi d’août, invite à explorer un univers vaste et en constante évolution. Institué en 2007 à Santa Cruz, Californie, par un groupe d’amis, cet événement est désormais célébré dans plus de 50 pays.
Selon la beer sommelier Filipa Santos, l’intérêt pour la bière naît souvent de la découverte de sa complexité. Les ingrédients et les différentes écoles brassicoles offrent une diversité allant des classiques européens aux interprétations contemporaines du « Nouveau Monde ». Filipa, active dans le marketing depuis 20 ans et dans le secteur brassicole depuis 2011, souligne que sa fascination réside dans « la diversité et la richesse du monde de la bière ».
Traditionnellement, la bière est fabriquée à partir de quatre ingrédients : eau, malt, houblon et levure. La combinaison et le traitement de ces éléments génèrent une immense variété de styles.
L’eau, par exemple, influence directement la saveur en fonction de sa composition minérale. « Environ 93 % d’une bière, c’est de l’eau », précise Filipa. Pour une pilsner, une eau douce est utilisée, tandis qu’une bière plus complexe, comme une stout, requiert une eau dure.
Le malt est responsable de la couleur et des notes céréalières, tandis que le houblon apporte amertume et arômes, pouvant évoquer des fruits tropicaux ou des agrumes. Quant à la levure, elle joue un rôle clé dans le profil final de la bière, transformant le sucre en alcool et en gaz.
Un univers de plus de 160 options bien au-delà de la pression
À partir de ces quatre éléments, plus de 160 styles de bière sont reconnus. Cependant, le Portugal demeure un marché dominé par un style spécifique, avec une préférence pour les bières pilsner, légères et rafraîchissantes. Les styles populaires incluent également les IPA, les stout et les weissbier.
Cette diversité reflète des traditions géographiques différentes, se divisant entre le Vieux Monde et le Nouveau Monde. Dans le Vieux Monde, les styles classiques, tels que ceux d’Allemagne, d’Autriche et de Tchéquie, mettent l’accent sur le malt et les bières de blé, souvent plus douces et avec des arômes caractéristiques.
En revanche, le Nouveau Monde, incluant des pays comme les États-Unis, le Brésil et le Japon, a réinterprété les styles classiques, comme l’India Pale Ale, en introduisant des houblons aux profils plus tropicaux.
Une dégustation qui sollicite les cinq sens
Déguster une bière implique une approche sensorielle complète. Le choix du verre, souvent similaire à celui du vin blanc, est crucial pour capter les arômes. La dégustation commence par une évaluation visuelle, suivie d’une analyse tactile, auditive, olfactive et finalement gustative. Filipa Santos indique qu’une dégustation rigoureuse peut durer jusqu’à vingt minutes.
De nouvelles habitudes et de nouveaux consommateurs
La rencontre entre tradition et innovation a été déterminante pour l’évolution du marché mondial de la bière, augmentant sa diversité et attirant des consommateurs plus exigeants. La bière, tout en restant un vecteur de socialisation, trouve sa place dans de nouveaux contextes, notamment à table.
Filipa souligne que les consommateurs sont désormais plus soucieux de leur santé, avec une tendance vers des choix plus conscients, y compris une augmentation des bières sans alcool.
Malgré ces avancées, des préjugés persistent quant à la sophistication de la bière par rapport au vin. Filipa conclut que la bière possède une richesse encore peu reconnue dans son histoire et sa diversité.
Source : Euronews



