De Fatty à

De Fatty à « DTF St. Louis » : une histoire de la grosseur au cinéma

Il existe une histoire de la représentation de la grosseur au cinéma, débutant en 1913 avec Roscoe Arbuckle, surnommé Fatty, qui pesait 136 kilos. Arbuckle fait ses débuts dans les studios de Mack Sennett dans le film Fatty et le voleur, où il incarne un policier maladroit. Bien qu’il ne soit pas encore la star de la série Fatty, sa présence comique fait rire même les spectateurs en surpoids. Arbuckle tournera finalement 45 films dans cette série, avant de prendre le contrôle de sa carrière, rivalisant avec Charlie Chaplin.

Le personnage d’Oliver Hardy, associé à Stan Laurel, marque une évolution dans la représentation des personnages obèses, les rendant puissants malgré leur ridicule. Cette tendance évolue avec John Huston, qui présente Sydney Greenstreet dans le rôle de Kasper Gutman dans Le Faucon maltais (1941). Ce personnage, bien que corpulent, est caractérisé par sa cruauté, montrant une sophistication dans la représentation des corps en surpoids.

Orson Welles, quant à lui, illustre l’évolution physique au fil des ans, passant du jeune héros de Citizen Kane (1941) à un homme obèse dans Falstaff (1965), utilisant son corps comme métaphore de la corruption.

Les années 1970 marquent un tournant avec la sortie de Pink Flamingos de John Waters, qui aborde la fierté des personnes en surpoids et de la communauté LGBTQ+. Divine, l’acteur principal, incarne une figure qui défie les normes sociales.

Récemment, le film Chaleur de Stéphane Demoustier présente Hadrien Hussein, un personnage qui affiche sa surcharge pondérale dans un cadre contemporain.

La mini-série DTF St. Louis de Steven Conrad, diffusée sur HBO, aborde la question de la grosseur à travers le personnage de Floyd Smernitch, joué par David Harbour. Le corps de Floyd devient un obstacle dans sa vie personnelle et sociale. Le scandale réside dans le fait que son apparence obèse est en réalité un « fat suit », soulevant des comparaisons avec les controverses entourant les « blackfaces ».

Cette représentation soulève des questions sur l’authenticité et la compréhension des luttes vécues par les personnes obèses dans une société normative.

Source : L’Express

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