Cyberattaque : logiciels suspendus et conditions dégradées pour les enseignants en France.

Éducation. Logiciels suspendus, conditions dégradées : la rentrée des enseignants perturbée par une cyberattaque

Logiciels suspendus, conditions dégradées : la rentrée des enseignants perturbée par une cyberattaque

Plus de 850 000 enseignants reprennent ce lundi le chemin des classes pour une journée de rentrée, perturbée dans certaines académies par les conséquences d’une cyberattaque survenue cet été. « C’est une rentrée assez inédite », a reconnu vendredi le recteur de l’académie de Toulouse, tout en assurant que tous les élèves seraient bien accueillis pour la rentrée mardi.

Dans ce contexte, plusieurs accès à des outils numériques ont été suspendus à titre préventif, compliquant les préparatifs de la rentrée pour les chefs d’établissement. Un retour à la normale a été annoncé vendredi soir par le ministère dans 28 des 30 académies.

Encore deux semaines de perturbations estimées

Restent celles de Nantes et de Toulouse, parmi les plus touchées. Dans ces deux académies, « la rentrée va se faire dans des conditions très dégradées », a alerté jeudi Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire. « On a tous les logiciels de traitement de données des élèves qu’on ne peut pas utiliser pour les inscriptions et les radiations par exemple », déplore une enseignante ayant requis l’anonymat.

À Toulouse, « les accès aux messageries et aux applications professionnelles restent coupés jusqu’à nouvel ordre », a précisé le ministère vendredi. Le rétablissement complet des outils numériques est attendu d’ici à « environ deux semaines », selon le recteur Karim Benmiloud, qui a précisé que les espaces numériques de travail (ENT) devraient être relancés le 7 septembre. Si « la préparation des emplois du temps n’est pas affectée », a assuré le ministère, le planning des cours sera remis aux élèves en version papier.

Il pourrait en être de même à Nantes, selon le ministère qui précise que « seul un accès partiel aux messageries est possible, en fonction des appareils et des configurations utilisées ». L’académie a assuré travailler au « rétablissement progressif des services numériques ». Selon le Snes-FSU, certains élèves encore sans affectation devront toutefois patienter jusqu’à la mi-septembre pour connaître leur établissement.

Le taux de postes pourvus en progrès

Cette rentrée est la dernière du second quinquennat d’Emmanuel Macron, dont les syndicats dressent un bilan sévère. Pour le Snes-FSU, il est même « catastrophique ». « Les 10 ans de politique d’Emmanuel Macron ont attaqué l’école dans le sens même de sa mission, c’est-à-dire faire réussir tous les élèves », estime Sophie Vénétitay, selon qui de nombreux enseignants ont aujourd’hui « perdu le sens de leur métier ».

Un malaise confirmé par le dernier baromètre du SE-Unsa, selon lequel seuls 0,3 % des quelque 43 000 répondants se disent confiants dans l’avenir du système éducatif. Le salaire, dont les syndicats réclament toujours la revalorisation, est devenu leur première préoccupation. Le gouvernement met de son côté en avant une embellie sur le front du recrutement, après plusieurs années de pénurie.

« Tous les indicateurs sont bien meilleurs cette année que les années précédentes, entre autres parce que les concours ont permis de recruter quasiment à plein », avec la réforme avançant le concours à bac+3, a affirmé le ministre de l’Éducation nationale Edouard Geffray lundi sur France Inter. Le taux de postes pourvus atteint 98,5 % dans le premier degré (maternelle et élémentaire), contre 92,1 % l’an dernier, et 96,1 % dans le second degré (collège et lycée), contre 90,6 %.

Source : DNA.

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