Cultures africaines: les rendez-vous indispensables en août 2026

À Paris, Londres, Kpalimé, Hammamet, Locarno, Lomé, Lausanne, Washington, Lussas, Angoulême, Lagos, Vichy, Rotterdam, Abidjan, West Palm Beach, Hambourg, Montpellier, Bandjoun, Limoges… en salle ou en plein air, voici vingt rendez-vous de cultures africaines ou afrodescendantes à ne pas manquer en ce mois d’août. N’hésitez pas à nous envoyer vos prochains événements culturels « incontournables » à l’adresse rfipageculture@yahoo.fr.

L’Unesco a inscrit 25 nouveaux sites sur la liste du Patrimoine mondial, dont les tout premiers des Comores, de São Tomé‑et‑Príncipe et du Soudan du Sud. Une étape historique qui illustre la volonté de l’Organisation de mieux représenter la diversité des paysages, des mémoires et des cultures africaines au sein d’un patrimoine partagé à l’échelle mondiale.

La galerie londonienne Tiwani Contemporary poursuit Breaking Down Realities, une exposition qui interroge la notion de « valeur » – éthique, politique, économique, affective – à l’ère des flux de capitaux mondiaux. Les œuvres de Nifemi Marcus-Bello, Hadassa Ngamba, Dawit L. Petros et Muzae Sesay décortiquent les infrastructures de la colonialité entre l’Afrique et le reste du monde.

Jusqu’au 9 août, au Togo, a lieu la 4e édition du Festival International de Danse et de Tourisme de Kpalimé. Ateliers, formations et excursions invitent à arpenter la région des Plateaux en mêlant pratique chorégraphique et découverte des paysages. Une manière de célébrer les cultures du pays en les reliant au territoire, à ses rythmes, à ses histoires.

Le Festival international de Hammamet, en Tunisie, occupe jusqu’au 13 août le Centre culturel de la ville sous le slogan « Des souvenirs à l’infini ». Pour cette édition anniversaire, 32 spectacles alternent musiques du monde, théâtre et danse. Une programmation qui fait dialoguer les scènes arabes et africaines, entre mémoire, transmission et réinvention des formes.

En Suisse, la section Open Doors du Festival de Locarno consacre du 5 au 15 août dix jours aux cinémas de 42 pays africains. Au cœur de Locarno Pro, des ateliers de formation, des plateformes de coproduction et des séances de réseautage accompagnent les cinéastes émergents. Les projections publiques mettent en lumière la vitalité des créations contemporaines, qu’elles soient de fiction, documentaires ou animées.

Au Palais des Congrès de Lomé, le Festival international La Marmite (Fesma) signe du 12 au 16 août sa 5e édition. Gastronomie, rencontres et conférences explorent le vivre-ensemble par le goût, les récits et les savoir-faire culinaires. La Chine, invitée d’honneur, ajoute une dimension de dialogue transcontinental aux saveurs togolaises et africaines.

Du 13 au 16 août, pour sa 20e édition, le Festival Cinémas d’Afrique à Lausanne met le Togo à l’honneur avec une dizaine de films. Dans son éditorial, Alex Moussa Sawadogo rappelle combien les cinéastes africains, sur le continent et dans les diasporas, imposent aujourd’hui des formes politiques et radicales, sans attendre la permission de raconter leurs histoires.

Du 14 au 16 août, à l’Université George Washington, le Festival international du film de la diaspora africaine (ADIFF) s’ouvre sur A Better Way : James Lawson, architecte de la non-violence de Karen Hayes. Le documentaire revisite les rouages du mouvement non-violent aux États-Unis. Six autres films venus du Burkina Faso, de la Jamaïque, du Cameroun, du Nigeria, du Royaume-Uni et des États-Unis prolongent ce regard sur les luttes noires.

En Bretagne, du 15 au 22 août, le festival de cinéma de Douarnenez proposera un focus sur Les Marocs. « Il sera moins question d’une géographie, d’un État, de frontières que de laisser la place et la parole aux habitantes et habitants issu·es des Marocs et de ses diasporas à partir de leurs propres récits et œuvres ».

Dans le sud de la France, les États généraux du film documentaire de Lussas consacrent du 16 au 22 août une part de leur 38e édition au cinéma africain. Les œuvres de jeunes réalisateurs d’Afrique subsaharienne s’emparent de tous les outils du documentaire pour narrer histoires postcoloniales, mutations urbaines, trajectoires migratoires et expériences sociales tenues aux marges des récits dominants.

Du 24 au 29 août, au Festival du Film Francophone d’Angoulême, Ben-Imana de la Rwandaise Marie-Clémentine Dusabejambo et Congo Boy du Centrafricain Rafiki Fariala figurent parmi les dix œuvres en compétition. Leur présence rappelle la place croissante des récits africains dans le cinéma francophone, entre intimité, mémoire politique et invention de nouvelles formes narratives.

Au Yemisi Shyllon Museum of Art, à Lagos, l’exposition Tracing Forms : The Art of Making se concentre sur la manière dont les artistes nigérians fabriquent leurs œuvres. En révélant des ateliers, des fonderies, des pratiques artisanales, des expérimentations matérielles et des images post-numériques, le musée présente la technique comme un savoir, une mémoire et un outil d’innovation au cœur de l’art contemporain.

Le Musée des Arts d’Afrique et d’Asie de Vichy programme Afrique arts contemporains pour rendre visible les énergies créatives du continent depuis les Indépendances. Des studios photos de Bamako à Kinshasa, l’exposition retrace un demi-siècle d’inventions visuelles. Un panorama qui tisse des liens entre archives, gestes populaires et grandes signatures de la scène africaine.

Au Wereldmuseum de Rotterdam, les œuvres de la photographe ivoirienne Joana Choumali, de la Kényane Thandiwe Muriu et de l’artiste visuelle April Bey dialoguent dans Art She Crafted. L’exposition interroge comment les femmes, partout et depuis l’Antiquité, ont façonné l’art et la culture, révélant des corpus souvent relégués aux marges des récits dominants.

À la LouiSimone Guirandou Gallery, à Abidjan, la huitième édition de « Découvertes » s’articule autour de l’injonction « Approchez, regardez ». Naëtt Mbaye, une artiste visuelle franco-sénégalaise basée à Dakar ; Chelsea Odufu, une artiste aux univers afrofuturistes, nigériano-guyanienne-américaine ; le peintre autodidacte Saleh Lô, né en Mauritanie en 1984 et l’artiste multidisciplinaire belge d’origine marocaine, née à Bruxelles, Raé, interrogent notre rapport à la visibilité, aux représentations et à la transmission.

La galerie Kristin Hjellegjerde à West Palm Beach, aux États-Unis, présente de nouvelles œuvres de la peintre Miranda Forrester. En explorant le regard féminin noir et queer, l’artiste s’attaque à l’effacement des femmes noires dans le canon de l’art occidental. Ses figures, confiantes et sans limites, évoluent dans des espaces qui célèbrent leur présence plutôt que de la contraindre.

À la Galerie Melbye-Konan, à Hambourg, en Allemagne, RELATION(ES) s’inspire de la pensée d’Édouard Glissant pour montrer des œuvres françaises, arméniennes, suisses et ivoiriennes, dont celles de Yannick Ackah et Ngoye. L’exposition envisage l’art comme un champ de tensions, où le sens se construit dans la rencontre, le déplacement et la différence plutôt que dans l’isolement.

Au MO.CO, à Montpellier, l’artiste franco-marocaine Sara Ouhaddou réactive des savoir-faire traditionnels en les confrontant aux objets archéologiques de Lattara. En superposant la géographie du monde arabe et de la Méditerranée nord-africaine à celle de l’Antiquité, elle fait apparaître une cartographie de migrations et de dialogues anciens entre les deux rives.

Au Cameroun, tout au long d’août, le projet Kroskel x Barthélémy Toguo relie Bandjoun Station et le Krystal Palace de Douala. En croisant arts classiques bamilékés, mode, culture et pratiques contemporaines, l’exposition fait dialoguer héritages et imaginaires pluriels.

Les 13 textes présélectionnés pour la 13e édition du Prix Théâtre RFI ont été choisis parmi 142 pièces venues de 11 pays, majoritairement africains, avec une hausse des textes de femmes. Le prix sera remis le dimanche 27 septembre à Limoges, dans le cadre du festival Zébrures d’automne.

Le jury du Prix de la photographie du Musée du quai Branly – Jacques Chirac a décerné une mention spéciale à l’artiste soudanais Ammar Yassir pour son projet I Will Never Find Home. Les autres lauréats du Prix sont Abhishek Rajaram Khedekar (Inde) pour son projet DAPOLI, Lost and Found et Sara Kontar (Syrie) pour son projet On the Edge of Home. Trois projets qui explorent l’exil, la mémoire et la quête de foyer à travers l’image.

Source : RFI Culture

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