Crue au Népal et au Tibet : le bilan dépasse les 950 morts et 4400 disparus
Les jours passent et l’ampleur de la catastrophe se précise à me de la lente progression des secours. Le bilan de la crue qui a dévasté mercredi le Népal et la Chine s’est encore aggravé, atteignant près de 955 morts et 4471 disparus, selon les autorités locales.
Le Premier ministre népalais, Balendra Shah, a déclaré : « Notre pays est confronté à un désastre naturel d’une ampleur inimaginable et déchirant, mais nous avançons avec détermination pour protéger la vie des citoyens. » Dans des conditions périlleuses et sous la menace d’une nouvelle montée des eaux, les sauveteurs intensifient leurs efforts pour tenter de retrouver d’éventuels survivants dans la mer de boue qui a enseveli cette région isolée de l’Himalaya.
« Les difficultés sont considérables », a indiqué E. Hawadi, chef adjoint de la police dans le district sinistré de Nuwakot, en énumérant les infrastructures détruites et le manque de moyens, notamment aériens. Dans le district de Chitwan, des militaires ont été vus transportant des corps dans des sacs bleus, les plaçant le long des routes.
Malgré les efforts déployés, les autorités népalaises n’ont pas réussi à entrer en contact avec une centaine d’ouvriers supposés prisonniers d’un tunnel sur un chantier dans la région sinistrée. Les opérations de secours se poursuivent sur le site de Trishuli-3, où les sauveteurs évacuent l’eau et les débris, utilisant explosifs et engins d’excavation.
À ce jour, plus de 20 000 hommes sont mobilisés, et plus de 3100 personnes ont été secourues. Les derniers bilans officiels, bien que provisoires, indiquent que 955 corps ont été exhumés, dont 939 côté népalais et 16 sur le versant tibétain. Les autorités des deux pays sont toujours sans nouvelles de près de 4500 personnes, dont 3925 au Népal et 546 en Chine.
Des opérations sont également en cours dans d’autres tunnels de la vallée, où trois corps ont été retrouvés. Environ 2500 bâtiments ont été détruits dans la vallée de la rivière Trishuli après le déferlement, le 26 août, d’un gigantesque mur d’eau et de boue.
Les experts attribuent cette crue dévastatrice à l’effondrement d’un énorme glacier. Le ministre népalais des Affaires étrangères, Shisir Khanal, a souligné que « le peuple népalais est une des principales victimes du changement climatique et de ses conséquences. »
Côté chinois, des doutes subsistent quant à la véracité des bilans officiels. La présidente de l’ONG Campagne internationale pour le Tibet, Tencho Gyatso, a exigé une information vérifiée et complète de la part de Pékin.
Six jours après la catastrophe, les familles des disparus continuent de se presser dans les hôpitaux et les morgues à la recherche d’informations sur leurs proches. Les autorités népalaises ont lancé un appel à l’aide pour obtenir plus de 1000 conteneurs frigorifiés afin de stocker les dépouilles.
Aucune évaluation précise des dommages n’a encore été réalisée, mais les dégâts se chiffrent probablement en milliards de dollars, selon le gouvernement népalais, qui fait face à sa catastrophe la plus meurtrière depuis le tremblement de terre de 2015.
Source : AFP.

