Un fourre-tout qui adhère à une idée trumpienne : le gouverneur de la Banque centrale tchèque critique son Premier ministre

Dans un entretien accordé au Financial Times, Aleš Michl, le gouverneur de la Banque centrale tchèque, a exprimé des réserves sur les « idées malvenues » du président pro-européen Petr Pavel et du Premier ministre conservateur Andrej Babiš, notamment concernant l’adoption de l’euro.

Aleš Michl a d’abord critiqué Babiš, le qualifiant de « Premier ministre fourre-tout qui adhère à une idée trumpienne : plus l’argent est bon marché, mieux c’est ». À l’instar de Donald Trump, qui a fréquemment exercé des pressions sur la Réserve fédérale américaine pour obtenir des taux d’intérêt plus bas, Babiš demande à la Banque centrale tchèque de réduire également ses taux. Pour Michl, une telle action compromettrait les efforts de lutte contre l’inflation, alors que la Banque centrale a récemment augmenté son taux directeur pour la première fois en quatre ans, le portant à 3,75 %. Bien que l’inflation globale soit proche de l’objectif de 2 % depuis deux ans, l’inflation sous-jacente, excluant l’énergie et l’alimentation, demeure élevée, à près de 3 %.

Concernant la question de l’euro, Michl partage la position eurosceptique de Babiš, qui a affirmé que son gouvernement n’envisageait pas d’adopter la monnaie unique. Michl estime que l’adoption de l’euro serait prématurée et pourrait exacerber l’inflation, la République tchèque n’atteignant pas encore les critères de convergence de Maastricht. Il s’oppose ainsi à Petr Pavel, qui défend vigoureusement l’idée d’une intégration dans la zone euro, arguant que l’interconnexion de l’économie tchèque avec la zone euro rendrait préférable d’être impliqué dans les décisions économiques plutôt que d’en être exclu.

Aleš Michl a également souligné que la question de l’adoption de l’euro n’avait suscité « aucun débat constructif, seulement du bruit politique ». Il a réaffirmé l’indépendance de la Banque centrale face aux « deux camps » représentés par Pavel et Babiš.

Source : Financial Times

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *