IA à l’heure de la canicule : le coût environnemental de la révolution numérique

L’IA à l’heure de la canicule : le coût environnemental de la révolution numérique

L’ONU organise à Genève les 6 et 7 juillet 2026 le premier dialogue mondial sur l’intelligence artificielle (IA) afin de définir les manières d’encadrer cette technologie, notamment sur les questions environnementales. En effet, les infrastructures numériques reposent aujourd’hui sur une consommation croissante d’électricité, d’eau et de minerais rares.

Ophélie Coelho, experte en environnement, se montre sceptique quant aux résultats de ce dialogue. Elle déclare : « J’en n’attends pas grand-chose dans l’absolu. Malheureusement, on est face à des choix qui ont été faits pour les prochaines années sans avoir suffisamment de données fiables ». Cependant, elle espère que l’événement attirera l’attention des médias et permettra de sensibiliser le public, afin de favoriser des choix politiques et économiques adaptés.

Jean-Baptiste Fressoz, historien des sciences, relativise l’ampleur des enjeux. Selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) de 2025, les data centers représentent environ 1,5 % de l’électricité mondiale, et l’IA à l’intérieur de ces centres en représenterait environ 15 %, soit « 0,2-0,3 % de l’électricité mondiale ». Fressoz souligne que même si ce chiffre semble faible, il existe une « marge d’incertitude » dans ces estimations.

Les terres rares, indispensables à la fabrication des technologies numériques, posent également des défis environnementaux majeurs. Fressoz précise que ces métaux, souvent produits en Chine, sont « extraordinairement polluants ». Le processus de raffinage nécessite une consommation massive d’énergie, d’eau et de produits chimiques, ce qui en fait une industrie lourde en matières premières.

Il est également important de noter que le recyclage des appareils électroniques est souvent un mythe. Selon Fressoz, les composants des téléphones portables contiennent « au moins 20 ou 30 métaux différents », rendant leur recyclage non seulement difficile, mais également énergétiquement coûteux. Il conclut en affirmant qu’il faut comprendre que nous sommes dans une économie linéaire où le recyclage reste très limité.

Ces enjeux environnementaux liés à l’IA et à la révolution numérique nécessitent une attention accrue, surtout dans un contexte de canicule et de crise climatique. Le dialogue de Genève pourrait être une étape cruciale pour aborder ces problématiques de manière collective et informée.

Source : France Culture.

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