Pour une convention nationale des psychologues avec l’Assurance maladie : sortir de l’impasse de Mon soutien psy
La santé mentale des Français se dégrade de manière préoccupante. Les troubles anxieux, dépressifs et les états de stress post-traumatique sont en augmentation, tandis que les besoins en accompagnement psychothérapeutique n’ont jamais été aussi importants. Les psychothérapies constituent aujourd’hui un pilier central des soins en santé mentale, reconnu par l’ensemble des recommandations scientifiques internationales. Les troubles psychiques figurent parmi les premières causes d’arrêts de travail de longue durée. L’accès précoce à des psychothérapies adaptées constitue un levier d’amélioration de la santé et de réduction des coûts directs pour l’Assurance maladie comme pour la société.
Depuis 2022, la France a mis en place un dispositif de remboursement des consultations psychologiques en ville, intitulé « Mon soutien psy ». Cette initiative marque une avancée historique, car pour la première fois, les soins psychothérapeutiques dispensés par des psychologues libéraux sont intégrés dans le champ de la solidarité nationale. Cependant, trois ans après son lancement, le dispositif présente des limites structurelles qui compromettent son efficacité. Ces limites sont liées à un cadre administratif et clinique inadapté, élaboré sans véritable négociation avec les psychologues concernés, entravant tant l’exercice professionnel que l’accès aux soins pour les patients.
Pour garantir une qualité de prise en charge, les psychologues doivent respecter le code de déontologie, stipulant que les tests utilisés doivent être scientifiquement validés. Actuellement, les critères d’inclusion excluent les situations les plus sévères, tels que les psychotraumatismes complexes et les risques suicidaires, ce qui limite l’accès aux soins pour les publics les plus vulnérables. De plus, le plafonnement à douze séances annuelles est souvent insuffisant pour des prises en charge fondées sur des preuves.
Les tarifs actuels du dispositif représentent un obstacle pour de nombreux psychologues, rendant difficile l’exercice à temps plein sous convention. Face à ces constats, une alternative serait de mettre en place une convention nationale des psychologues avec l’Assurance maladie, négociée avec les professionnels du terrain.
Une telle convention devrait inclure une évaluation clinique individualisée, déplafonner le nombre de séances pour certaines situations prioritaires, garantir des conditions de travail éthiques et durables, et associer les psychologues à la gouvernance du dispositif. À une époque où la santé mentale est une priorité nationale, il est crucial d’ouvrir la voie à une telle convention, afin de répondre efficacement aux besoins croissants en matière de santé mentale.
Source : L’Express



