Les femmes pasteures des églises évangéliques de réveil à Paris
Dans les Églises de réveil de la région parisienne, la voix des femmes s’élève de plus en plus en chaire, prêchant et prophétisant devant des assemblées majoritairement composées de fidèles issus des diasporas africaines. Cette évolution remet en question les normes d’un monde religieux traditionnellement dominé par les hommes.
À Bussy-Saint-Georges, en Seine-et-Marne, Grace Babela, pasteure et prophétesse depuis 2021, officie dans un petit local préfabriqué. Elle prêche pendant plus d’une heure et demie, captivant l’attention de quelques dizaines de fidèles. Bien que les églises de réveil permettent aux femmes d’accéder à des rôles de leadership, Grace fait face à des préjugés sexistes. Elle déclare : « Je suis un blasphème pour certains chrétiens. [.] Beaucoup ne l’acceptent pas encore, en 2026. »
La sociologue Sarah Demart a souligné dans un article de 2017 que les femmes constituent des piliers dans ces économies religieuses, notamment par leur capacité à convertir les hommes. Fanny, une fidèle de quatre ans, témoigne : « Au début, mon mari ne voulait pas venir parce que c’était animé par des femmes. Maintenant, il aime beaucoup. »
Les femmes pasteures créent un lien fort avec leurs fidèles. Fanny souligne : « Cela me touche plus. Elle parle avec le cœur de ce que tu vis. » Leur influence dépasse le cadre religieux, avec des conseils patrimoniaux, professionnels et financiers partagés sur les réseaux sociaux, où certaines d’entre elles deviennent des figures publiques.
Cette dynamique témoigne d’un changement significatif dans le paysage religieux parisien, où les femmes prennent une place de plus en plus centrale.
Source : RFI


