Ceuta: un Camerounais arrivé dans l'enclave espagnole témoigne sur ses conditions de vie

Ceuta : un Camerounais témoigne des conditions de vie des exilés

Avec notre envoyé spécial à Ceuta, François Hume-Ferkatadji

Dans l’enclave espagnole de Ceuta, au nord du Maroc, des milliers d’exilés, notamment Yéménites, Soudanais, Tchadiens, Égyptiens, Sénégalais, Algériens et Marocains, survivent dans des conditions précaires, espérant obtenir l’asile politique ou une régularisation. Parmi eux, Yannick Njapa, 28 ans, un ressortissant camerounais arrivé fin juillet, décrit une réalité difficile.

Assis sur des cartons au pied d’un arbre, Yannick et quatre autres Camerounais partagent un repas distribué par la Croix-Rouge internationale, le seul de la journée. « Nous sommes la plus petite communauté ici, les Camerounais », explique-t-il. Les conditions de vie sont particulièrement rudes : pas d’eau courante, pas d’électricité, et aucun moyen de subsistance. « J’ai 18 cartons sur lesquels je dors, je n’ai pas de toit, l’insalubrité est fréquente, et la poussière est constante », ajoute-t-il.

Les souvenirs de la traversée sont également marquants. « Du moment où tu vas rentrer dans la mer et trouver des cadavres, ça marque l’esprit, c’est quelque chose qu’on ne peut pas oublier », confie Yannick.

Actuellement, lui et ses amis ne sont pas encore enregistrés comme demandeurs d’asile, car l’attente dans les lieux administratifs est longue. Yannick, qui a travaillé pendant sept ans dans un restaurant à Tétouan, ne sait pas combien de temps il pourra tenir à Ceuta. « Si l’Espagne, c’est ce que je vois, je retourne au Maroc ! Mais s’il y a une suite favorable à mon existence ici, je vais rester en Espagne », déclare-t-il.

Les exilés doivent également faire face à la colère des habitants de Ceuta, qui estiment que la ville n’a plus les capacités d’accueil pour faire face à ces arrivées.

Source : RFI

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