Comparaison des droits des enfants : Europe vs États-Unis selon Tisseron et Yon-Courtin

OPINION. « Les enfants européens valent-ils moins que les enfants américains ? », par Serge Tisseron et Stéphanie Yon-Courtin

Les enfants européens valent-ils moins que les enfants américains ?

Le 26 août, Meta a annoncé qu’elle allait modifier le fonctionnement de ses plateformes, Instagram et Facebook, en réponse à des décisions judiciaires aux États-Unis. Parmi les mes annoncées, on trouve une limitation à deux heures par jour de l’usage cumulé pour les utilisateurs de moins de 18 ans, un blocage d’accès entre minuit et six heures du matin, ainsi que la suspension des notifications durant les heures de classe. Ces changements interviennent suite à une procédure ouverte par la Commission européenne, qui a conclu que Facebook et Instagram enfreignaient le règlement sur les services numériques (DSA) en raison de leur conception addictive.

Ce qui est frappant dans cette situation, c’est le double standard qui semble exister entre les protections offertes aux enfants américains et celles des enfants européens. Selon les auteurs de cette analyse, ce double standard doit être combattu, et des engagements similaires doivent être pris en Europe sans délai. Les mes prises par Meta aux États-Unis soulèvent des questions sur la protection des jeunes utilisateurs en Europe, où les mêmes normes ne semblent pas s’appliquer.

La capacité de Meta à introduire ces changements sous pression judiciaire remet en question la conception actuelle des environnements numériques, souvent perçus comme addictifs. La préoccupation centrale ne réside pas uniquement dans la durée d’utilisation, mais dans la maîtrise de l’attention des utilisateurs. L’absence de limites dans ces environnements numériques pourrait avoir des conséquences néfastes sur la santé mentale des adolescents, notamment en contribuant à des problèmes tels que le cyberharcèlement et la dépression.

Les enjeux sont tels qu’il devient impératif d’agir sur plusieurs fronts. L’éducation, par exemple, est essentielle. Certains États américains envisagent d’affecter une partie des fonds versés par Meta à des programmes de prévention, un modèle que l’Europe pourrait envisager. De plus, il est crucial de définir des seuils d’âge clairs pour l’accès aux réseaux sociaux, avec des outils permettant de vérifier l’âge des utilisateurs tout en respectant leur identité.

Il est également nécessaire de promouvoir le rôle éducatif des parents, qui doivent être en me d’accompagner leurs enfants dans l’utilisation des technologies numériques. Enfin, la conception même des services doit être repensée pour ne pas encourager l’addiction.

En somme, la situation actuelle souligne l’importance d’une régulation efficace et d’une prise de conscience collective sur les dangers potentiels des réseaux sociaux pour les jeunes. Les décisions prises par Meta aux États-Unis pourraient servir de catalyseur pour des changements nécessaires en Europe, afin d’asr une protection équitable des enfants, indépendamment de leur lieu de résidence.

Source : La Tribune.

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