Climatisation, écrans, soleil : le trio qui met nos yeux à rude épreuve chaque été
Chaque été, les consultations pour des brûlures, des picotements, des irritations ou des sensations de « sable dans les yeux » connaissent une augmentation notable. Bien que beaucoup de patients attribuent ces désagréments à la chaleur, il apparaît que ce ne sont pas seulement les rayons du soleil qui mettent nos yeux à l’épreuve, mais plutôt nos habitudes estivales.
La sécheresse oculaire est désormais l’un des motifs de consultation les plus fréquents en ophtalmologie. Ce phénomène peut toucher tout le monde, mais l’été réunit plusieurs facteurs qui favorisent son apparition. L’un des principaux ennemis est souvent invisible : la climatisation. Présente dans les voitures, trains, avions, hôtels, bureaux et commerces, elle assèche l’air ambiant et accélère l’évaporation du film lacrymal, une fine couche de larmes essentielle à la protection et au bon fonctionnement de la surface de l’œil.
À cette première agression s’ajoutent le vent, les rayons ultraviolets, le sable, ainsi que les baignades répétées. Le chlore des piscines et le sel de mer peuvent fragiliser davantage l’équilibre de la surface oculaire et augmenter rapidement les sensations d’inconfort.
Par ailleurs, les écrans ne disparaissent pas pendant les vacances. Le télétravail, les téléphones portables, les réseaux sociaux, les plateformes de streaming et la préparation des itinéraires de voyage continuent de jouer un rôle important dans nos journées. Lorsque nous sommes devant un écran, nous clignons des yeux deux à trois fois moins souvent qu’à l’accoutumée, ce qui est crucial pour répartir correctement les larmes sur toute la surface oculaire. Lorsque ce réflexe devient moins fréquent, le film lacrymal s’évapore plus rapidement, entraînant l’apparition des symptômes.
Certaines populations sont particulièrement exposées. Les porteurs de lentilles ressentent souvent cette gêne plus rapidement, notamment lorsqu’ils alternent climatisation, fortes chaleurs et baignades. Les personnes de plus de 50 ans voient leur production naturelle de larmes diminuer avec l’âge. Les patients souffrant d’allergies saisonnières sont également plus vulnérables, l’inflammation provoquée par les pollens fragilisant déjà la surface de l’œil. Enfin, ceux qui passent de nombreuses heures devant un ordinateur subissent les mêmes mécanismes, même en été.
Pour limiter ces désagréments, quelques gestes simples peuvent être adoptés. Porter des lunettes de soleil avec une protection efficace contre les UV est essentiel. Il est également conseillé d’éviter de diriger la climatisation vers le visage, de maintenir une bonne hydratation, de faire des pauses régulières lors d’une utilisation prolongée des écrans, et de fermer volontairement les yeux quelques secondes de temps en temps pour préserver le film lacrymal. Pour ceux qui souffrent déjà de sécheresse oculaire, des larmes artificielles sans conservateur peuvent être recommandées pour restaurer le confort de la surface de l’œil. Les porteurs de lentilles doivent envisager de privilégier temporairement le port de lunettes lorsque l’inconfort devient significatif.
Souvent, les vacances sont perçues comme une période de repos pour nos yeux. Cependant, elles peuvent s’avérer être l’une des périodes les plus agressives de l’année en raison de la climatisation, du soleil, du vent, des baignades et des écrans. Protéger ses yeux est essentiel non seulement pour le confort à court terme, mais aussi pour préserver durablement la santé visuelle.
Source : Économie Matin
