Bénévolat ou piège financier ? La situation de Stéphane Delley en Suisse
En Suisse, l’application rigoureuse de la loi sur l’assurance-chômage peut transformer le bénévolat en un fardeau financier pour les demandeurs d’emploi. Stéphane Delley, résident d’Eysins, a récemment subi une déduction de plus de 700 euros de son allocation après avoir consacré 28 heures de bénévolat au festival Caribana.
Pensant élargir son réseau professionnel, Delley ne s’attendait pas à ce que ses heures de bénévolat soient comptabilisées par sa caisse d’assurance-chômage. « Je me sens blessé, incompris et lésé », a-t-il déclaré au média La Côte. Il souligne que sa volonté de contribuer positivement à la société tout en cherchant un emploi a été mal interprétée.
En échange de son engagement, Delley a reçu un abonnement au festival, un tee-shirt et des boissons. Cependant, les caisses d’assurance-chômage considèrent que les tâches effectuées pour le festival, telles que le montage d’infrastructures, pourraient être rémunérées dans le secteur privé. Ainsi, elles ne sont pas reconnues comme du bénévolat, entraînant une réduction significative de ses allocations.
Interrogée, la caisse d’assurance-chômage « Unia » justifie cette décision par une application stricte de la loi fédérale. Pour qu’une activité soit considérée comme du bénévolat, elle doit être gratuite, ne pas concurrencer l’économie privée et viser un but social. Les événements culturels ne répondent pas à ces critères, car ils peuvent fournir une main-d’œuvre gratuite à des entreprises à but lucratif.
Cette interprétation stricte de la loi suscite des inquiétudes parmi les experts. Marco Meli, spécialiste du secteur, déclare que cette rigueur administrative pourrait décourager les initiatives citoyennes et pousser certains demandeurs d’emploi à cacher leurs activités de réinsertion. Les organisateurs de festivals craignent également des répercussions sur leurs équipes futures.
La situation de Delley met en lumière une rigidité légale qui semble contrarier les efforts de réinsertion des demandeurs d’emploi en Suisse, et soulève des questions sur l’équilibre entre réglementation et encouragement des initiatives bénévoles.
Source : La Côte
