Canicule et pouvoir d’achat : la saison touristique 2026 est-elle vraiment décevante sur la Côte d’Azur ?
Dans les Alpes-Maritimes, le premier bilan de la saison touristique 2026-2027 est plutôt mitigé. Les canicules à répétition et la baisse du pouvoir d’achat ont entraîné une baisse de la fréquentation des restaurants. En revanche, les hôtels connaissent un été relativement « stable ».
Récemment, les vidéos de restaurateurs ou de gérants de magasins montrant des allées touristiques complètement vides pullulent sur les réseaux sociaux. Avec elles vient un constat : la saison touristique 2026-2027 serait morte, plombée par les canicules à répétition et une baisse globale du pouvoir d’achat, notamment chez les Français. Mais, est-ce vraiment le cas partout et pour tous les métiers ?
Dans les Alpes-Maritimes, en tout cas, le constat n’est pas totalement partagé. Les restaurateurs, eux, voient clairement l’effet de la chaleur sur leur fréquentation. « L’impact sur le service du midi est indéniable. Ces chaleurs caniculaires ne sont pas favorables à la fréquentation de nos établissements, surtout au niveau des terrasses ou des plages« , précise Éric Abihssira, président de la Fédération de l’hôtellerie, de la restauration et du tourisme (FHRT) Nice Côte d’Azur.
Sur le terrain, le ressenti est souvent similaire, que ce soit du côté des restaurateurs ou des touristes. Christophe Hélin, manager pour Gusto Family, un groupe gérant plusieurs restaurants à Nice, estime que « le midi, l’établissement a perdu une partie de sa clientèle. La canicule, avec ses degrés en plus, fait que les gens présents n’ont pas envie de venir manger un plat chaud. Les gens peuvent aussi partir vers d’autres options, comme les snacks« .
Les touristes, eux, n’ont pas tous les mêmes habitudes. Si certains, principalement nord-américains, déclarent aller souvent au restaurant, d’autres se débrouillent comme ils peuvent. « La plupart des choses que l’on mange sont faites à la maison« , précise une famille venant d’Algérie. « Les sandwichs, les repas froids, on fait tout là-bas. Les établissements comme ça, on n’y va pas beaucoup« , ajoute-t-elle.
Les restaurants de la Côte d’Azur ont donc vu leur fréquentation fortement baisser cet été. Mais qu’en est-il des hôtels ? Au départ, la première quinzaine d’août s’annonçait mal. « Cela a été un peu anxiogène. À date, on avait un retard de 10 à 15 % de fréquentation dans nos établissements hôteliers. Cela peut s’expliquer par ces vagues caniculaires, mais aussi par les incendies du Var, qui ont pu donner, dans l’inconscient de certains, l’impression d’une région en feu« , explique Éric Abihssira.
En revanche, avec le phénomène de réservations de dernière minute, les établissements hôteliers se sont remplis quasiment du jour au lendemain. Au final, « la première quinzaine d’août n’a pas été catastrophique« . L’homme estime même qu’elle est « satisfaisante, stable, comme celle du mois de juillet« .
Les signes sont encourageants pour la fin de la saison estivale. Déjà, une baisse des températures est annoncée pour la deuxième quinzaine d’août. « Je vois cela d’un bon œil« , précise Éric Abihssira. « C’est ce que l’on souhaite, que l’on revienne à des températures plus estivales, ce qui nous permettra, peut-être, d’envisager cette période comme étant satisfaisante« , ajoute-t-il.
Enfin, septembre 2026 pourrait être très rentable pour les professionnels du tourisme des Alpes-Maritimes. « Il s’annonce exceptionnel et devrait battre tous les records de fréquentation par rapport à 2025 et 2024.«
Source : France 3 Régions



