Canicule extrême, gros orages et vigilance rouge : bilan de quatre jours de records en Bretagne
La Bretagne a connu une vague de chaleur exceptionnelle entre le lundi 22 et le jeudi 25 juin, avec des températures records. Sur 43 stations météo, 40 ont battu des records, dont 16 pour un mois de juin. Pour 24 stations, il s’agit de records absolus, indiquant que plus d’une station sur deux a enregistré des températures jamais atteintes depuis le début des relevés.
Les températures mesurées ont atteint des sommets : 38,9 °C à Quimper, 39,8 °C à Lorient, 40,7 °C à Auray, 42 °C à Vannes-Séné, 41,5 °C à Rennes et 38,6 °C à Lanleff. Brest a frôlé son record absolu de 2022 avec 39,2 °C, échouant à seulement 0,1 °C de ce seuil.
Le record le plus marquant a été établi sur l’île de Groix, où la température a atteint 39,2 °C, la plus élevée jamais enregistrée sur une île bretonne depuis 1921. La vitesse à laquelle ces records ont été battus est également préoccupante : il a fallu 50 ans pour dépasser le record de 1976 à Quimper, mais seulement 48 heures pour atteindre un nouveau sommet à 38,9 °C.
Le nouveau record absolu pour la Bretagne a été établi à La Noé-Blanche (Ille-et-Vilaine), avec 42,5 °C, surpassant les 41,6 °C de Bléruais en juillet 2022. Ce phénomène est d’autant plus alarmant qu’il survient en juin, alors que les normales saisonnières oscillent entre 19 °C et 23 °C.
La durée de vigilance rouge canicule a également été inédite, s’étendant sur quatre jours. Les nuits ont été qualifiées de « tropicales », avec des minimales atteignant 23,8 °C à Plusquellec, 26,6 °C à Sarzeau et jusqu’à 28,5 °C à la pointe du Raz.
Les conséquences de cette canicule ont été significatives, avec jusqu’à 117 000 foyers privés d’électricité dans le Sud-Finistère suite à l’explosion d’un poste électrique. Les services d’urgence ont été submergés, le CHU de Rennes enregistrant près de 3 000 appels, provoquant une hausse de 10 % des passages aux urgences.
Dans le secteur agricole, la mortalité des volailles a été multipliée par six ou sept, saturant les services d’équarrissage. Des usines ont été mises à l’arrêt pour préserver l’eau, et plusieurs noyades ont été signalées sur les plages.
Jeudi, des orages ont suivi cette période de chaleur, provoquant plus de 1 800 éclairs dans le ciel breton, avec des rafales de vent atteignant 101 km/h à Belle-Ile et 98 km/h à Lannion. Ce phénomène a permis une légère baisse des températures, rendant l’atmosphère plus respirable.
La Bretagne prend ainsi conscience de sa vulnérabilité face à des épisodes climatiques extrêmes, un changement qui pourrait devenir récurrent.
Source : Le Télégramme.
