70 % de pertes, c’est du jamais vu : la canicule anéantit la production de cassis
Le Maine-et-Loire, premier département producteur de cassis en France, a subi une chute de sa récolte d’environ 70 % en raison des températures extrêmes de la semaine dernière. Cette situation inédite a provoqué un véritable désastre pour les producteurs, dont les fruits ont cuit sur tige.
Les producteurs de cassis font face à un constat alarmant : de nombreux grains sont tombés au sol, tandis que d’autres ont été cuits avant même d’atteindre leur maturité. Olivier Lamisse, producteur depuis 1990 dans la commune de Rives-du-Loire-En-Anjou, souligne que certaines de ses rangées de cassis Black Down, utilisées pour la confiture, ne seront même pas récoltées. Cette année, le goût de la récolte est amer, voire vinaigré, signe que les fruits, devenus cramoisis, ont été brûlés par le soleil.
« Nous avons tenté d’arroser davantage pour maintenir la fraîcheur, mais dès le lundi soir 22 juin, avec des températures dépassant 40 degrés, nous avons perdu tout contrôle », déclare Lamisse.
Robin Huaulmé, technicien à la coopérative les Vergers d’Anjou, confirme que toutes les exploitations de la région, représentant 55 % de la production nationale, sont touchées. D’habitude, elles produisent entre 3 500 et 4 000 tonnes par an, mais cette année, certaines parcelles affichent un rendement de zéro. « En 2019 et 2022, nous avions déjà connu des pertes de l’ordre de 30 %, mais 70 % de pertes, c’est sans précédent », ajoute-t-il.
Les grains ont souffert de la chaleur intense et d’un vent brûlant qui a pénétré au cœur des buissons. « Les rameaux, habituellement exposés au soleil, ont été touchés, mais cette fois, la chaleur a cuit même les grains à l’intérieur », explique Huaulmé.
Malgré la perte massive, certains producteurs, comme Lamisse, ont réussi à conserver une partie de leur récolte, notamment les grains de la variété Noir de Bourgogne, qui ont mieux résisté. Cependant, il estime avoir perdu les deux tiers de sa récolte.
La situation est préoccupante pour l’ensemble de la profession, car le cassis représente plus de 60 % de leur chiffre d’affaires. Les transformateurs, tels qu’Andros et Giffard, pourraient être contraints de se tourner vers d’autres sources d’approvisionnement, entraînant une hausse des prix.
« Nous sommes inquiets pour l’avenir, car ces phénomènes deviennent récurrents. Cela remet en question la culture du cassis dans notre région », conclut Lamisse, espérant une indemnisation de l’État pour faire face aux conséquences économiques.
Source : France 3 Régions