Flexi-jobs : Vincent Van Peteghem appelle à un réexamen du système
Le ministre du Budget, Vincent Van Peteghem, a exprimé des réserves quant au dispositif des flexi-jobs, qu’il considère comme une menace pour la sécurité sociale belge. Dans une interview accordée au journal De Standaard, il a déclaré que ce système « sape notre sécurité sociale et notre État-providence ».
Depuis le 1er juillet, l’accès aux flexi-jobs a été élargi à tous les secteurs souhaitant en bénéficier. Le ministre de l’Emploi, David Clarinval, avait précédemment soutenu que ces emplois flexibles permettraient de dynamiser le marché du travail. Toutefois, Van Peteghem estime que le nombre croissant de flexi-jobs pourrait devenir problématique, évoquant un « dérapage » du système. Il a souligné que ces emplois ne devraient pas être perçus comme une main-d’œuvre à bas coût, mais comme un moyen de répondre à des besoins spécifiques de flexibilité.
Le ministre a également mis en avant le risque de discrimination entre travailleurs, une préoccupation qui avait déjà été soulevée par le Conseil d’État. Ce dernier a exprimé des inquiétudes concernant le traitement fiscal des flexi-jobs, qui bénéficient d’une imposition réduite par rapport aux emplois traditionnels.
Dans le débat, la N-VA, partie majoritaire, a défendu les flexi-jobs, arguant que 83 % des flexi-jobeurs sont déjà employés à temps plein et qu’ils aident les entreprises à faire face à des pics d’activité. Axel Ronse, chef de groupe à la Chambre, a insisté sur l’importance de maintenir ce dispositif pour favoriser la création d’emplois flexibles.
Selon le baromètre de l’emploi de SD Worx, les perspectives d’embauche dans les PME belges sont en déclin. Environ 25 % des entreprises interrogées envisagent de recruter, une baisse par rapport à 40 % l’année précédente. Les intentions de licenciement augmentent également, atteignant 15 % à l’orée du troisième trimestre 2026.
Les flexi-jobs, bien qu’ils répondent à des besoins ponctuels, ne peuvent pas être considérés comme une solution structurelle aux défis du marché du travail. Les syndicats mettent en garde contre la précarisation des emplois, soulignant que le modèle social belge pourrait être fragilisé si les statuts à faible cotisation sociale se généralisent.
(Avec Belga)
