Budget, déficit et présidentielle : l’échec du macronisme et des « raisonnables » ?
Le macronisme, qui devait être le symbole de la rationalité économique et de la crédibilité européenne, fait face à un constat inquiétant : le creusement de la dette nationale et l’essor des partis extrêmes. En effet, alors qu’Emmanuel Macron avait promis de réduire le déficit public à moins de 3 % du PIB, celui-ci est estimé à 5,1 % en 2025, avec des prévisions de stagnation, voire d’augmentation pour 2026.
Sébastien Lecornu, ministre des Comptes publics, a récemment alerté les parlementaires sur les conséquences d’un pays sans budget. Dans une lettre, il a déclaré : « Attendre 2027 pour un budget, c’est choisir le désordre ». Ce scénario pourrait entraîner l’application d’une « loi spéciale », reconduisant la perception des impôts et les principales dépenses, en l’absence de compromis politique, surtout à l’approche des élections présidentielles.
Un rapport de l’Inspection générale des finances souligne que le non-vote d’un budget pourrait engendrer des risques « majeurs », avec un coût estimé à « au minimum 0,5 % du PIB ». Ce contexte met en lumière l’échec d’Emmanuel Macron à maîtriser les dépenses publiques, malgré les crises successives, telles que le Covid-19 ou la guerre en Ukraine.
Le macronisme, censé rompre avec les anciennes pratiques, n’a pas réussi à s’attaquer aux déterminants structurels de la hausse des dépenses, notamment dans les domaines des retraites et de la santé. En conséquence, les adversaires politiques, notamment ceux des extrêmes, semblent en tirer profit, remettant en question la légitimité des « raisonnables » à se présenter comme les gardiens de la rationalité économique.
Alors que la classe politique se prépare pour une saison électorale cruciale, la perte de crédibilité des dirigeants actuels pourrait avoir des répercussions durables sur la confiance des Français envers leurs représentants.
Source : franceinfo



