19 | Bras de fer sur les origines de la pandémie

Bras de fer sur les origines de la pandémie de COVID-19

La COVID-19 a de nouveau fait la une des débats mercredi au Sénat américain. Anthony Fauci, ancien directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), a esquivé les accusations de dissimulation formulées par les républicains. Cette controverse a été ravivée par la publication récente de 1000 pages de notes et de correspondance de Fauci, qui a pris sa retraite en 2022, et qui ont été vivement critiquées par le sénateur Rand Paul.

La pandémie a débuté à Wuhan, une ville de 14 millions d’habitants située à l’ouest de Shanghai. En décembre 2019, des cas d’une maladie pulmonaire inconnue ont été signalés, entraînant l’isolement de la ville et la déclaration d’une « urgence mondiale » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en janvier 2020. L’institut de virologie de Wuhan, qui menait des recherches sur les coronavirus, a été au cœur des spéculations concernant une éventuelle fuite de laboratoire. Le sénateur Paul, médecin de formation, affirme qu’une « prépondérance de preuves » suggère que la pandémie provient de ce laboratoire.

Fauci, quant à lui, défend l’idée que le virus a émergé naturellement, probablement transmis aux humains via un marché d’animaux sauvages à Wuhan. Cette position est également soutenue par « une vaste majorité des experts », selon un sondage réalisé en 2024 auprès de 169 chercheurs par le Global Catastrophic Risk Institute, une ONG californienne.

Les documents récemment publiés incluent une note du 26 janvier 2020 dans laquelle Fauci mentionne que « la première infection est survenue début décembre et n’était pas liée au marché […]. Nous savons maintenant que le marché n’était pas la source, mais l’amplificateur ». Cependant, il ajoute que « le virus a probablement sauté de l’animal à l’humain ». Une semaine plus tard, il rapportait que seulement 2 des 12 chercheurs qu’il avait consultés pensaient que le virus était le résultat d’une évolution naturelle, tandis que les autres considéraient qu’une insertion délibérée était possible.

Donald Vinh, microbiologiste au Centre universitaire de santé McGill, qualifie les accusations de fuite de laboratoire de « chasse aux sorcières ». Selon lui, de nombreux laboratoires à travers le monde se concentrent sur les virus, et l’attention sur celui de Wuhan est due à son apparente singularité. Il souligne que les nouvelles zoonoses sont souvent liées aux changements climatiques et à l’interaction accrue entre les humains et la faune.

Le pardon de Biden

Peu avant la fin de son mandat en janvier 2025, le président Joe Biden a accordé un « pardon préventif » à Fauci. Cependant, les attaques des républicains, notamment celles du sénateur Paul, se poursuivent, Fauci les qualifiant d’« obsession » lors de son témoignage au Sénat. Il a affirmé que Paul cherchait à le forcer à dire quelque chose qui pourrait justifier ses déclarations publiques selon lesquelles il finirait « derrière les barreaux ».

Fauci a invoqué le cinquième amendement de la Constitution américaine pour éviter de répondre aux questions. Son avocat a été expulsé de la séance par le sénateur Paul. Les médias américains notent que, malgré le pardon présidentiel, Fauci pourrait encore faire face à des poursuites pour « outrage au Sénat » sur la base de lois d’États américains.

Le « gain de fonction »

Rand Paul a également accusé Fauci d’avoir financé des recherches de « gain de fonction » à Wuhan, visant à rendre des virus plus transmissibles. Le financement des Instituts nationaux de la santé (NIH) a été dirigé vers la collecte et le séquençage de coronavirus chez les chauves-souris chinoises, mais aucun démenti formel n’a été publié concernant les recherches sur le « gain de fonction ».

Ce flou est inhérent aux recherches sur les virus, selon le Dr Vinh, qui explique que parfois, pour comprendre le rôle d’une protéine, il est nécessaire d’augmenter sa fonction. Depuis la pandémie, les recherches sur le gain de fonction sont devenues plus difficiles à cause de « peurs pas toujours fondées ».

Pour plus d’informations, il est à noter qu’au Québec, le nombre de décès dus à la pandémie de COVID-19 s’élevait à 20 500 au 21 septembre 2024, selon Santé Canada.

Source : Santé Canada, Global Catastrophic Risk Institute

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