Quelles perspectives pour les taux ? Avec Warsh, la Fed fait une vraie rupture avec l’ère Powell !
Le FOMC (comité de politique monétaire de la Fed) du 29 juillet a confirmé que Kevin Warsh, le nouveau président de la Fed, met en place un style de communication qui rappelle celui d’Alan Greenspan, ancien président de la Fed. Warsh ne cherche pas à reproduire une époque révolue, mais partage la conviction que la Fed n’a pas vocation à tout dire ni à guider en permanence les anticipations de marché. Au contraire, il prône la rareté de la parole des membres de la Fed.
Une illustration de cette approche réside dans la taille du communiqué du FOMC, qui est habituellement le document par lequel les décisions de politique monétaire sont annoncées. Pour la deuxième fois consécutive, ce communiqué est très court, presque deux fois plus court par rapport aux dernières années de mandat de Jerome Powell. Il faut remonter à la fin de l’ère Greenspan pour trouver des communiqués aussi succincts, marquant ainsi une rupture avec les présidences de Ben Bernanke, Janet Yellen et Jerome Powell.
Warsh semble convaincu que l’ambiguïté contrôlée peut être un outil de politique économique. Il a même laissé entendre que la Fed pourrait ne plus tenir de conférence de presse à partir de 2027, renouant ainsi avec une tradition antérieure où ces conférences n’existaient pas. Alors que les générations récentes de banquiers centraux avaient fait de la transparence un principe cardinal, Warsh semble privilégier une logique où parler moins permet de peser davantage.
Lors de sa récente conférence de presse, il a insisté sur la hausse des rendements des obligations, qui a permis à la Fed de ne pas augmenter les taux directeurs, suggérant que le marché avait déjà accompli une partie du travail. Cette réflexion rappelle la méthode de Greenspan, qui considérait les mouvements de marché comme une extension de la politique monétaire elle-même. Le message implicite est que si les conditions financières se durcissent, la Fed peut se permettre d’attendre.
Warsh préfère également que les marchés découvrent eux-mêmes la trajectoire probable des taux, à partir des évolutions économiques, et s’en tient à une communication qui ne ferme pas d’options tout en maintenant une part d’incertitude. Il a souligné l’importance de se concentrer sur les questions fondamentales plutôt que sur les fluctuations quotidiennes.
En somme, Kevin Warsh réhabilite un modèle où la crédibilité repose sur la retenue et le silence stratégique, permettant ainsi aux marchés de jouer un rôle dans la détermination des taux d’intérêt. Ce changement de cap marque un retour à l’école Greenspan.
Source : Capital.fr

