Bleu comme désert interroge notre regard sur un territoire

Apprendre à décoder son regard

La photographe a choisi de repartir de zéro pour matérialiser sa réflexion, en travaillant de nuit afin de se défaire des idées préconçues sur le désert. Elle déclare : « La nuit enlève complètement la lisibilité immédiate que l’on a face à un paysage. » Pour ce faire, elle a utilisé des lumières artificielles, orientées sur les reliefs, et a ajusté l’éclairage en postproduction, conférant aux photographies un aspect mythique et stimulant l’imagination.

Le bleu utilisé dans ses œuvres évoque le passé géologique du territoire, notamment les pierres du Tassili n’Ajjer, vestiges d’une ancienne présence aquatique. En les parsemant de bleu, la photographe ravive les souvenirs liés à l’eau et aux mémoires familiales. Parmi ses images significatives, celle de son guide, éclairé d’une lumière orange, se distingue. Il a partagé de nombreuses anecdotes sur le désert, l’aidant à réfléchir sur sa place dans cet espace. Les images des dunes, éclairées de bleu, interpellent également : on y distingue des veines, témoignant du déplacement du sable par le vent, évoquant tantôt une peau d’animal, tantôt la lune. « Je trouve ça quand même assez magique de se dire que d’une simple photo A puisse émerger un imaginaire totalement opposé qui serait B. On croit connaître un endroit, qui pourrait finalement nous raconter complètement autre chose si on décidait de la voir différemment. »

Source : Article original.

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *