Barbara Butch témoigne d’une soirée de violence à Grenoble
Trois jours après l’interruption de son concert lors d’un festival à Grenoble, la DJ Barbara Butch a décrit une soirée marquée par des violences, des insultes et un climat de tension. Dans un entretien accordé à Libération le 21 juillet, elle a évoqué l’hostilité qu’elle a subie de la part de militants pro-Palestiniens et de membres de La France insoumise (LFI).
L’artiste a expliqué qu’elle avait été sous pression avant même de monter sur scène, indiquant qu’elle avait pleuré en raison des tensions persistantes et des appels à la déprogrammation de son set. À son arrivée, elle a constaté une foule en colère, lui faisant face. « J’ai vécu des périodes de cyberharcèlement dont tout le monde a été témoin, mais là, ça sortait des réseaux sociaux et j’ai vu la haine dans les yeux, en face », a-t-elle déclaré.
La situation s’est détériorée rapidement, des projectiles tels que du gravier et des bouteilles en verre étant lancés en direction de la scène. Barbara Butch a précisé qu’elle se sentait en danger physique et a décidé de quitter la scène après avoir lancé le titre Imagine de John Lennon, tout en formant un cœur avec ses doigts, geste devenu sa signature.
Ce concert faisait l’objet d’un appel au boycott depuis mai, en raison de la signature par Barbara Butch d’une tribune en soutien à une proposition de loi contre l’antisémitisme, depuis retirée. Environ 150 militants ont participé à la manifestation, brandissant des drapeaux palestiniens et scandant des slogans.
Le parquet de Grenoble a ouvert une enquête pour « délit d’entrave concertée aux libertés », une infraction passible de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a qualifié l’événement de « protestation pacifique », tout en reconnaissant que des insultes étaient inacceptables.
Barbara Butch a également exprimé sa surprise face à la virulence des réactions, soulignant qu’elle avait signé la tribune sans connaître les débats entourant la loi Yadan. Elle a affirmé ne pas avoir perçu que cette loi pourrait limiter la critique d’Israël.
Source : Libération
