Aux Rencontres d’Arles, deux siècles de regard humain sur les animaux
C’est l’une des expositions les plus enthousiasmantes de la 57ᵉ édition des Rencontres de la photographie d’Arles. Dans “Modèle animal”, la curatrice suisse Nathalie Herschdorfer explore 200 ans de photographie animalière, des premiers zoos du XIXᵉ siècle aux chats mignons sur les réseaux sociaux. Elle répond aux questions du quotidien suisse “Le Temps”.
“La toute première image publiée sur Instagram, en 2010, était la photographie d’un chien ; la première vidéo mise en ligne sur YouTube, en 2005, Me at the Zoo, montrait l’un des cofondateurs du site devant des éléphants [au zoo de San Diego], et totalise aujourd’hui 404 millions de vues.” Voilà ce qu’on apprend en lisant l’essai de Nathalie Herschdorfer introduisant “Modèle animal”, un projet éditorial également décliné en exposition, et que la directrice de Photo Élysée, célèbre musée photographique de Lausanne, vernit aux Rencontres de la photographie d’Arles, avant de le présenter à Lausanne en fin d’année.
Hiérarchie animale
À travers quelque 600 images, sur une base de 10 000 objets récoltés, l’historienne de la photographie et curatrice s’intéresse à la manière dont les animaux sont présents dans le champ de la photographie depuis ses débuts. On y croise des artistes contemporains majeurs comme Helmut Newton ou Andreas Gursky, la star de la photographie animalière Vincent Munier, le pionnier Eadweard Muybridge, qui, au XIXᵉ siècle, décortiquait de manière scientifique le mouvement, ou encore de plus jeunes photographes, comme la Fribourgeoise Laurence Kubski.
On retrouve également Walter Chandoha, cet Américain qui a consacré l’essentiel de sa carrière à la photographie animalière.
Source : Le Temps
