Les traumatismes crâniens graves en trottinette électrique ont explosé chez les enfants
Une étude menée par des soignants de l’hôpital Femme Mère Enfant de Bron, près de Lyon, publiée en juillet dans Neurosurgery, révèle une augmentation préoccupante des accidents de trottinettes électriques chez les enfants. Depuis avril, le service de déchocage de l’hôpital enregistre environ vingt passages par mois pour des accidents, incluant des traumatismes crâniens, abdominaux, ainsi que des fractures des membres. Parmi les jeunes patients, majoritairement des adolescents de 14 ou 15 ans, environ un quart nécessite une admission en réanimation pédiatrique.
Cette hausse des cas graves coïncide avec l’instauration du port du casque obligatoire dans certaines préfectures, comme l’Aisne et le Vaucluse, tandis que d’autres communes, comme Nîmes, ont pris des mes similaires. Dans le Rhône, le port du casque reste seulement recommandé.
Les neurochirurgiens, notamment Pierre Petitet, auteur principal de l’étude, ont observé une sollicitation croissante pour des traumatismes crâniens liés aux trottinettes électriques. L’étude se concentre sur la période 2021-2025, et montre une augmentation des cas nécessitant un avis neurochirurgical, passant d’un cas en 2021 à 25 cas en 2025.
Les résultats indiquent que plus de trois quarts des enfants présentent des fractures du crâne ou un saignement intracrânien, avec environ 60 % d’entre eux nécessitant des soins en réanimation. Les accidents se produisent souvent à des vitesses dépassant 25 km/h, et la majorité (68,2 %) des incidents se produisent sans l’implication d’autres véhicules.
Les conséquences de ces accidents peuvent être dramatiques, avec des lésions telles que des hématomes extraduraux, pouvant entraîner coma ou décès. Environ un tiers des enfants victimes continuent de souffrir de handicaps modérés à sévères, affectant leur capacité à s’intégrer socialement.
Pour limiter ces accidents, une prise de conscience est nécessaire. Le port du casque, bien qu’efficace pour prévenir les lésions crâniennes, est souvent sous-estimé par les parents et les enfants. Des efforts éducatifs, notamment via les réseaux sociaux, pourraient aider à transformer le casque en un accessoire « cool » et à en faire une norme sociale.
Source : 20 Minutes


